vendredi, 30 octobre 2009
Une élection présidentielle déjà programmée
On est à quelques mois des élections présidentielles. Tout réussi au chef de l'exécutif qui anime une équipe soudée qui accumule les succès. Les Français dans leur majorité se montrent satisfait des réussites du pouvoir. Il y a bien quelques ratés ici ou là, mais dans l'ensemble le Gouvernement met en place le programme annoncé. A l'exception de quelques rares dissidents les Parlementaires de la majorité soutiennent le Gouvernement avec enthousiasme.
Aucun analyste ne doute : les prochaines présidentielles sont jouées d'avance. Il n'y a pas d'alternative réelle et crédible à la candidature du chef de l'exécutif. Arlette Chabot au journal de 20H interroge même Jacques Chirac sur la réalité de sa candidature.
La situation décrite plus haut est celle d'Edouard Balladur en 1994 et celle de Lionel Jospin en 2000. L'un comme l'autre pouvaient compter sur une certaine popularité, sur une capacité à fédérer leur majorité, sur des résultats réels. L'un comme l'autre ont été éliminé quelques mois plus tard au premier tour de l'élection présidentielle.
Nicolas Sarkozy de son côté souffre d'une profonde et durable impopularité. Il génère un profond mécontentement fondée sur des valeurs. Les troupes obéissent encore, mais en trainant les pieds de plus en plus lourdement. Pourtant tous les analystes et beaucoup de Français avec eux, ne parviennent pas à imaginer un cas de figure tout à fait probable de l'élimination dès le premier tour du Chef de l'Etat lors des prochaines élections présidentielles.
Nous avons du mal à imaginer un futur qui soit différent du passé alors même que l'histoire nous enseigne que tout n'est que bouleversements constants.
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mercredi, 28 octobre 2009
La droite dérive vers l'extrème droite en France comme à Genève
Dans la multiplicité des différences entre la politique Genevoise et la politique française, il est intéressant de constater quelques évolutions parallèles. C’est le cas de la lente et constante dérive de la droite vers l’extrême droite.
En 1998 à l’occasion des élections régionales en France, l’UDF se divise en deux entre les Libéraux qui veulent s’allier au FN pour défendre les intérêts économiques et les démocrates chrétiens qui refusent de telles alliances fort de leurs valeurs humanistes. Les Libéraux deviennent alors Démocratie Libérale et rejoindront l’UMP en 2002. Les Démocrates Chrétiens restent à l’UDF et décideront de former le Mouvement démocrate en 2007. 1ère étape en France.
En Suisse, le 10 décembre 2003, les parlementaires Libéraux Genevois apportent leur soutien à l’élection de Christoph Blocher. Candidat imposé par l’UDC en violation des traditions helvétiques qui recommandent qu’un parti présente plusieurs candidats. Ils renouvellent ce soutien le 12 décembre 2007 malgré le bilan de gouvernance désastreux. 1ère étape à Genève.
En 2002, Jacques Chirac tente de récupérer une partie de l’électorat FN en axant sa campagne sur le thème de l’insécurité. Jacques Chirac choisi le terrain politique le plus favorable à l’extrême droite. Cette stratégie a favorise la progression électorale du Front National qui pour la première fois atteint le deuxième tour de la Présidentielle. Jacques Chirac présente alors des candidats aux législatives face à tous les démocrates chrétiens afin de les faire disparaitre de la carte électorale. 2ième étape en France.
En 2009, la droite Genevoise place le thème de l’insécurité au centre de la campagne cantonale. Le MCG double son score électoral. L’extrême droite genevoise rassemble 24% des voix ! 2ième étape à Genève.
En 2007, Nicolas Sarkozy ne se contente pas seulement de reprendre les thèmes de l’extrême droite, il en reprend aussi les idées (identité nationale), les provocations (les racailles) et la gouvernance autoritaire et personnelle. Le résultat est flagrant : l’électorat FN vote avec enthousiasme pour ce candidat de cette droite qui vire à l’extrême. Nicolas Sarkozy annexe alors les derniers mohicans démocrates chrétiens du Parlement regroupés dans un Nouveau Centre réduit à l’état de mouvement croupion. 3ième étape.
Lorsqu’on entend certains responsables Libéraux Genevois évoquer à nouveau l’idée d’une alliance avec l’UDC à peine quelques jours après leur nouveau dérapage publicitaire et quelques semaines avant la votation contre les minarets, on comprend que certains Libéraux d’influence ont déjà fait leur choix. Quelques uns commencent à évoquer formellement des idées avancées jusqu’ici par l’extrême droite, j’y reviendrai dans les prochains jours. Ils attendent seulement le moment propice pour une nouvelle coalition avec l’UDC. La 3ième étape se prépare.
Ce moment propice arrivera tôt ou tard. Radicaux et Démocrates Chrétiens Genevois n’échapperont pas éternellement à la trappe du quorum des 7%. Leur difficulté à former une relève au-delà de quelques exceptions et leur difficulté à être identifié à des réalisations spécifiques au sein de l’entente rendent leur positionnement toujours plus difficile. La trappe approche.
En France, le centre a fini par perdre son identité centriste dans le confort d’une alliance électorale avec la droite. Nous le payons aujourd’hui et encore sans doute pour quelques années. A Genève, il est encore temps pour les Radicaux genevois et le PDC d’anticiper de futures coalitions avant de se retrouver nez à nez face à un partenaire de droite qui dérive vers l’extrême droite.
Les contradictions idéologiques entre le socialisme et l’écologie faciliteront ces coalitions nouvelles.
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vendredi, 12 juin 2009
IN MEMORIAM des centristes ralliés
Depuis la création de l'UMP en 2002, des élus de l'ancienne UDF ont rallié l'UMP. Les uns sous la menace, les autres avec sincérité et naïveté, tous dans le cadre d'un accord simple : se plier à la discipline majoritaire d'un mouvement où les centristes sont minoritaires en échange d'un soutien politique lors des élections. Un mandat contre le silence.
En renonçant à leur liberté de parole, ces centristes ont renoncé à défendre les convictions de leurs électeurs. Lorsqu'on est élu par les électeurs des autres... on finit par défendre les convictions des autres.
In Memoriam des ralliés de 2002
Pierre Méhaignerie : Ancien Ministre, ancien président de la commission des finances de l'Assemblée nationale. Président de la commission des affaires sociales. Contraint à s'absenter lors de la discussion sur le bouclier fiscal auquel il s'est pourtant publiquement opposé.
Philippe Douste Blazy : Ancien Ministre. C'est lui qui a fait venir le gros des députés centristes lors de la création de l'UMP. A perdu tous ses mandats. Aujourd'hui chargé de mission du Président de la République.
Renaud Dutreil : Ancien Ministre. Il est l'un des fondateurs du mouvement qui a donné naissance à l'UMP. Battu aux municipales à Reims l'an dernier. A renoncé à tous ses mandats et quitte la vie politique... aujourd'hui Président de LVMH Amérique du Nord.
Nicole Fontaine : Ancienne Ministre. Ancienne Présidente du Parlement Européen. Son dernier mandat de députée européen s'est achevé le 7 juin dernier.
Claude Birraux : Député de Haute Savoie depuis 1978. Il l'est toujours. Aucune prise de position politique significative depuis son ralliement (et à vrai dire avant non plus). Vote sans sourciller des lois telles que la loi Hadopi, les déficits budgétaires ou la nomination par l'exécutif des présidents du service audiovisuel public. A l'occasion de l'enterrement de Bernard Pellarin, s'est fait prendre une déculottée publique par Bernard Accoyer qui lui a imposé comme suppléant un jeune étudiant en recherche d'emploi de Saint Julien en Genevois.
Hervé de Charrette : ancien Président des Clubs Perspectives et réalité. Toujours député mais n'intervient plus dans le débat public.
Alain Madelin : une des chevilles ouvrière de la campagne de Jacques Chirac. Pas vraiment centriste... mais ancien membre de l'UDF. Ancien Ministre de l'Economie et des Finances. A renoncé à se présenter aux dernières législatives. Nommé Président du Fond mondial de solidarité numérique.
Jean Pierre Raffarin : Ancien Premier Ministre. Battu par un ancien RPR aux élections pour la Présidence du Sénat. Continue de prouver sa soumission en proposant récemment l'élection du Président de la République en un seul tour.
Alain Lambert : Ancien Président de la commission des finances. Aujourd'hui Vice Président. Ses idées ne sont jamais reprises. Désigné tête de liste UMP pour les régionales, Alain Lambert est sûr de perdre le second tour dans la trappe à 30% de l'UMP.
Dominique Paillé : Ancien député, ancien directeur de campagne de Francois Bayrou. Il rejoint l'UMP en 2002. Il est battu aux municipales en décembre 2002, aux législatives en juin 2007, aux sénatoriales en septembre 2008. Parachuté pour représenter les Français de l'étranger avec le soutien de Sarkozy et de l'UMP il obtient seulement 16 voix sur 151 votants. Conseiller politique de Sarkozy il publie un livre contre Bayrou « les habits neufs des faux centristes : arnaque ou imposture ? » qui s'est vendu à moins de 500 exemplaires.
In memoriam des ralliés de 2004
Alain Lamassoure : Ancien Ministre. Député Européen. Il vient de justesse de garder son investiture pour les élections européennes. Sarkozy lui a finalement accordé une investiture aux européennes pour s'assurer de l'élimination de tous les partisans d'Alain Juppé en région aquitaine.
In memoriam des ralliés de 2006
Gilles de Robien : Ancien Ministre, directeur de campagne de Francois Bayrou aux présidentielles de 2002. Battu aux élections municipales à Amiens en mars 2008, il démissionne de son mandat de conseiller municipal d'opposition. Retour à la vie civile.
André Santini : Ancien Ministre. Secrétaire d'Etat chargé de la fonction publique - le saviez-vous ? Contraint de choisir Frédéric Lefebvre, collaborateur personnel de Sarkozy, comme suppléant aux législatives. Nommé au Gouvernement en juin 2007 pour permettre la nomination de ce proche de Sarkozy comme député. Sorti du Gouvernement en juin 2009.
In memoriam des ralliés de 2007
Hervé Morin : Ancien Président du groupe UDF à l'Assemblée nationale. Ministre de la Défense. Simple collaborateur de Fillon, lui-même simple collaborateur de Sarkozy. Avec une poignée de députés dont la majorité n'a pas besoin, Hervé Morin n'influence aucune des décisions qu'il doit soutenir. Il exécute.
Valérie Létard : Sénatrice. Secrétaire d'Etat en charge de la solidarité. Idem que Morin.
In memoriam des ralliés de 2008
Jean Arthuis : Ancien Ministre. A renoncé depuis plusieurs années à défendre le principe moral de l'équilibre des comptes publics en échange d'une Présidence de la commission des finances du Sénat.
L'ouverture serait une bonne chose s'il s'agissait d'une ouverture à des idées. Elle est dérisoire lorsqu'elle se limite à des individus. L'ouverture serait une bonne chose si elle avait pour objet de faire avancé le pays, elle est dérisoire lorsqu'elle a pour but de déstabiliser un mouvement politique.
16:47 Publié dans Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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mercredi, 29 avril 2009
Pourquoi l'UMP ne boucle pas ses listes aux européennes ?
A moins de 40 jours du vote, l'UMP n'a toujours pas établi la liste de ses candidats pour les européennes. Situation unique en Europe et inédite depuis des décennies d'histoire électorale.
Depuis sa création l'UMP vit sur l'illusion donnée aux électeurs qu'elle fédère la droite et le centre. Pour donner corps à cette illusion l'UMP présente des candidats centristes qui en échange de leur investiture s'engagent à un mandat de silence et de soumission à des idées qui ne sont pas les leurs. C'est ainsi que Pierre Méhaignerie se tait au sujet du bouclier fiscal, les déficits ou le travail du dimanche ou déserte opportunément la séance. C'est ainsi que les députés "centristes de l'UMP" votent contre la riposte graduée au Parlement Européen.
Les électeurs centristes ne sont pas dupes et s'apercoivent bien que l'UMP ne les représente pas. Elections après élections ils continuent de voter pour leurs candidats.
Il reste un problème pour l'UMP : pour continuer à faire illusion, l'UMP doit ajouter à chaque élection une nouvelle couche de sédimentation de centristes ralliés. Les ralliés de la première heure (les démocratie libérale, les douste blazistes), puis Borloo, puis Lamassoure, puis ceux de 2006 (les de Robien et Santini), puis ceux de 2007 (les Nouveaux Centre), puis ceux de 2008 (Cavada, Cornillet..). Cela finit par faire beaucoup.
Au fur et à mesure de ses ralliements qui ne rapportent aucun électeur, le gateau électoral que l'UMP doit partager devient de plus en plus faible. A la fin, à force de vouloir prétendre fédérer la droite et le centre, les listes UMP risquent de devenir des listes composées uniquement de faux centristes aux ordres de l'UMP. Cela pose quelques problèmes en interne pour les UMP sincères qui ne peuvent plus être candidats.
Cette difficulté n'est pas seulement liée aux européennes. C'est une difficulté structurelle que l'on retrouvera lors des régionales de l'an prochain. C'est une difficulté d'autant plus profonde que l'UMP, faute de pouvoir fédérer lors des seconds tours, perd structurellement tous les scrutins depuis sa création (à la seule exception des Présidentielles et du premier tour des législatives). Cela réduit la capacité de l'UMP à fédérer les opportunistes prêt à vendre leur silence.
Il va devenir de plus en plus difficile pour l'UMP de laisser des places aux centristes. Elle devra soit se débarrasser des ralliés de la première heure au risque de créer une scission, soit constater qu'elle ne fédère pas les électeurs de la droite et du centre. La fin d'une illusion.
08:44 Publié dans Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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jeudi, 09 avril 2009
L’impasse politique stratégique du PS et de l’UMP
Depuis la création du Mouvement Démocrate, les analystes soulignent l’impasse stratégique d’un mouvement qui selon eux ne serait pas ouvert aux alliances.
Depuis deux ans que nous faisons face à ces critiques, nous sommes devenus des experts de l’impasse stratégique politique. Cette expertise nous donne quelque crédibilité pour décrire la double impasse stratégique du Parti Socialiste et de l’UMP.
L’UMP d’abord. Un parti créé en 2002 par Jacques Chirac avec pour seul objet de devenir une machine à gagner les élections. Selon ses fondateurs, l’union de la droite devenait électoralement imbattable.
Les faits ont un peu écorné ce vœu originel : pour l’UMP l’épreuve du feu a été l’année 2004. La confrontation avec la réalité électorale : défaite aux cantonales, défaite quasi-totale aux régionales (21 régions de perdues sur 22), échec cuisant aux européennes puis enfin échec aux sénatoriales. Les changements de mode de scrutin n’y ont rien changé. On pourrait attribuer cela au contexte politique de 2004. Comble de l’ironie pour un parti façonné par Chirac de ses propres mains… Sarkozy le lui vole fin 2004. Pourtant en 2005, rebelote, échec au traité constitutionnel européen. En 2008 à nouveau échec aux municipales, aux cantonales et aux sénatoriales. La capacité de l’UMP à perdre des élections est telle que malgré un mode de scrutin qui lui est incroyablement favorable l’UMP a perdu le contrôle d’une majorité de départements et même inévitablement le contrôle du Sénat en septembre 2012.
En 7 ans d’existence, l’élection présidentielle et le premier tour des législatives sont les seules victoires de l’UMP. Est-ce bien la victoire de l’UMP ou simplement celle de Sarkozy sur Royal. Par ailleurs, l’échec du second tour de la législative montre l’incapacité de l’UMP a fédérer lors des deuxièmes tours.
Avec un électorat qui représente entre le quart et le tiers des électeurs, l’UMP est dans l’incapacité durable de constituer des majorités électorales. Les têtes de listes désignées pour les régionales sont des tètes des listes pour l’échec.
A ces impasses électorales, s’ajoute désormais une impasse de candidats. Voila 7 ans, que l’UMP envoie des candidats à l’abattoir de ses échecs électoraux. Elle a perdu un grand réservoir de candidats jeunes et engagés. A quelques exceptions prêt, il ne lui reste plus que des personnalités fades et aux ordres. Des personnalités sans convictions qui seront incapables de construire des projets de ville ou de région.
Au cours de ces années, l’UMP n’a pas seulement perdu toutes les élections. Elle a aussi perdu son identité. Pour affaiblir l’extrême droite elle est devenue extrême elle-même. Les courants de pensée gaullistes, libéraux et sociaux démocrates ont été tellement bien intégrés qu’ils ont disparus. La gloire du chef tient lieu d’idéologie. Jacques Chirac et Dominique de Villepin hier… Nicolas Sarkozy sur des axes politiques opposés aujourd’hui. Qui demain ? Pour quoi faire ? Tout dépendra du chef du moment.
L’UMP est dans l’impasse.
Le PS est aussi dans l’impasse. De toute l’histoire politique de la France, le Parti Socialiste n’a jamais remporte une élection seul. Le Parti Socialiste a besoin d’alliés. Longtemps les communistes ont été des alliés forts qui permettaient de constituer des majorités. Mais le Communisme français disparaît inexorablement. Le courant d’extrême gauche s’incarne désormais dans des partis contestataires qui refusent toute alliance avec le Parti Socialiste.
Les Verts auraient pu constituer un allié pour le PS. Mais le Parti Socialiste s’est acharne à faire disparait cet allié pour la victoire. A Paris, Delanoë a marginalisé les verts qui lui ont apporté la victoire en 2001 jusqu’à l’inexistence en 2008. Aux législatives le PS a éliminé tous les candidats verts au premier tour. Mais surtout, l’exercice du pouvoir dans les régions de France a montré les contradictions qu’il peut y avoir entre des politiques purement sociales et des politiques purement écologistes.
Les Verts et le Parti Communiste sont réduits aux portions congrues et ne permettront plus au Parti Socialiste de constituer des alliances majoritaires.
Le Parti Socialiste aussi est dans l’impasse.
Face à ces impasses, le Parti Socialiste et l’UMP n’ont que deux solutions possibles : construire des projets politiques communs avec le Mouvement Démocrate. Ils le refusent.
L’autre solution c’est de se faire une courte échelle réciproque pour imposer le bipartisme en France contre la volonté manifeste des électeurs. Lorsque le Mouvement Démocrate s’imposait au premier tour, l’UMP appelle à voter pour le PS au second. C’est ce qui a été observé à Saint Julien en Genevois, à Pau et dans de nombreuses autres communes. Ces alliances contre nature de la droite et de la gauche contre le Mouvement Démocrate sont des solutions à court terme qui permettent de gagner une élection. Mais ces alliances révèlent à leurs propres électeurs le vide politique sidéral des projets de société du PS et de l’UMP. Elles révèlent la contre façon qu’est le faux clivage droite/gauche. Ces alliances contre nature révèlent que l’UMP et le PS ne sont plus des partis politiques qui défendent une vision de la société mais de simples syndicats électoraux. Syndicats électoraux qui n’auront plus d’utilités pour leurs propres membres dès que se profileront les défaites.
Finalement, j’aime bien l’impasse stratégique du Mouvement Démocrate. Une impasse fondée sur la conviction, le courage, l’humilité, le travail de terrain, la vision d’une politique moins conflictuelle qui remet l’humanisme au centre de la société.
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jeudi, 29 janvier 2009
La dictature soft à la Française
Depuis quelques mois maintenant, on assiste à une lente dérive des institutions qui sont de moins en moins républicaines.
La démocratie se fonde sur la souveraineté du peuple et sur l’existence de pouvoirs et de contre-pouvoirs qui s’assurent de manière constante que c’est au nom et pour le peuple que le pouvoir est exercé.
1) Absence de représentation populaire
Lors des élections législatives, le Parti Socialiste et l’UMP ont détourné le mode de scrutin pour réduire à néant la représentation des courants de pensée verts, communistes et centristes. 44% des électeurs du premier tour des Présidentielles ne sont pas ou presque représentés au Parlement. En toute logique, ils ne reconnaissent aucune légitimité à une institution prétendument représentative mais qui ne les représente pas.
2) La disparition du Parlement
La France était déjà allé loin dans la négation des pouvoirs du Parlement. En réduisant l’expression parlementaire à la seule expression d’une majorité qui soutient aveuglément le pouvoir et à celle d’une opposition qui s’oppose tout aussi aveuglément, le Parlement français poursuit sa décente vers le néant politique. Son rôle de contrôle du pouvoir, de législateur de terrain qui redonne du bon sens à la rédaction des lois et d’écoute des citoyens est laissé vacant par des députés absentéistes, cumulards et aux ordres. Les Hauts Savoyards n’ont plus de députés à Paris, c’est le pouvoir qui a des députés en Haute Savoie. L’opposition déserte une Assemblée nationale qui n’a de nationale que le nom.
3) La mise à pied des médias
Les medias par leur force de diffusion et leurs moyens d’investigation exerce l’un des nouveaux pouvoirs. Sa faiblesse économique l’a privé des ressources d’investigation sur son contenu, mais il garde sa force de diffusion. La disparition des ressources propres du service public permet de ne garder en France qu’un seul média télévisuel de masse. Contrôlé par les amis du pouvoir dont le chiffre d’affaire dans le BTP dépend en grande partie des commandes publiques. La télévision publique sera bientôt soumise par le vote par l’Assemblée nationale de ses ressources. Elle ne pourra plus informer sur l’actualité politique en toute indépendance.
4) La mise à pied de la justice
La proposition de disparition du juge d’instruction si elle pourrait avoir quelques justifications dans un autre contexte est inacceptable lorsqu’elle ne s’accompagne pas de l’indépendance par rapport au pouvoir du procureur qui le remplacera. Il reviendra alors seulement à des individus dépendants du pouvoir politique de décider de la poursuite des investigations. L’absence d’avancées sur la mise en accusation de Jacques Chirac malgré les charges lourdes de corruption qui pèse contre lui et malgré la condamnation passée de son co-accusé Alain Juppé en dit long sur ce que serait cette nouvelle justice. La France, où la corruption n’est pas maitrisée, dériverait un peu plus. La prolongation exceptionnelle du poste du procureur de Paris qui a prononcé le renvoi en correctionnel de Dominique de Villepin en est une nouvelle preuve.
5) La disparition de l’exécutif
C’est le paradoxe de la dérive dans laquelle on est. Même la fonction de Premier Ministre a disparu. Celle de ministre se limite au rôle d’un marionette pour les médias. Marionnettes qu’on renvoie d’un signe de tête conduire des listes aux européennes – situation plus enviable mais aussi monarchique que l’embastillage !
6) La grâce et la disgrâce nominative
La grâce nominative dont a bénéficier M. Marchiani au mois de décembre montre les dérives absolutistes du pouvoir. La disgrâce dont est victime le préfet de la Manche après le responsable de la police corse montre à quel point l’appareil d’Etat passe petit à petit du statut de fonction publique à fonction politique.
Je ne parlerai pas ici des projets qui ont été abandonnés par une mobilisation générale, comme les fichiers Edvige qui fichait et listait des informations sur la vie personnelle de toutes les personnes engagées en politique.
A l’opposé le Grenelle de l’Environnement a montré ce que pouvait apporter une concertation large. On oublie parfois que la discussion collective et la concertation font normalement partie du quotidien de l’activité d’une démocratie. Une démocratie qui fonctionne en France devrait être un Grenelle permanent. Le Parlement est sensé en être le lieu.
Ces dérives interpellent tous ceux qui sont attachés à la République. Tous ceux qui estiment qu’un pays doit se rassembler sur des valeurs fondamentales –comme les valeurs de la République- pour avancer collectivement.
Les dictatures ne restent jamais soft très longtemps. Elles finissent toujours par se durcir lorsque les contre pouvoirs deviennent faibles. Les dictatures conduisent ensuite à des révolutions.
PS : Les themes de cet article sont developpes dans le livre de Francois Bayrou : Abus de Pouvoir
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lundi, 12 janvier 2009
La discipline de vote : la plaie de la politique française
L'absentéisme des élus français est à relier directement à la spécificité française du cumul des mandats. Mais l'un et l'autre seraient sans doute limités sans la discipline de vote. Cette pratique des partis qui imposent un vote à tous ses élus sous la contrainte ou la menace. La discipline de vote impose le sectarisme de l'esprit partisan dans la conduite des politiques publiques. Elle impose la loi de l'intérêt partisan sur la règle de l'intérêt général.
Lorsqu'un élu se soumet à la discipline partisane, il renonce à utiliser ce qui le différencie des animaux : son cerveau ! L'absentéisme et le cumul des mandats seraient moindre si les élus devaient utiliser leurs capacités de réflexion dans l'exercice de leur mandat plutôt que leur capacité à obéir.
C'est par discipline de vote qu'Emmanuel Valls (PS) avait voté CONTRE la réforme constitutionnelle à peine 24 heures avant de signer une tribune pour dire tout le bien qu'il en pensait. C'est aussi par discipline de vote que Lionel Tardy (UMP) avait voté POUR, et s'en ventait pour souligner sa fidélité -fidélité au parti mais infidélité à sa conscience et donc à ses électeurs-. Si l'un et l'autre avait eu la lâcheté de voter selon la consigne partisane plutôt que selon leur conscience ils avaient l'un et l'autre au moins eu le courage de dire ce qu'ils pensaient être l'intérêt général. Ce n'est pas la cas de la majorité des députés qui votent selon l'intérêt partisan et taisent l'intérêt général.
Lionel Tardy est sans doute le seul député de Haute Savoie : le seul qui a le courage d'être le relais de ses électeurs plutôt que le simple soldat de son parti. Je ne partage pas tous ces points de vue, loin de là. Mais je reconnais qu'il a le mérite d'être sur le terrain, de ne pas cumuler de mandats et de dire ce qu'il pense. Ce qui est précisément le rôle d'un député.
C'est notamment parce que les intérêts partisans ont été privilégiés sur l'intérêt général que les déficits publics s'accumulent depuis 30 ans.
Depuis le mois de mars j'observe que la discipline de vote sévit aussi dans la politique locale à Saint Julien en Genevois. Combien de Conseillers Municipaux ont voté des délibérations qu'ils nous disent ne pas approuver ? A quelques exceptions près, il n'y a guère que lors de l'utilisation du vote à bulletin secret que l'on avait observé un léger relachement dans la discipline de vote : deux Conseillers municipaux de la majorité avait voté contre le Maire et ses adjoints. (Un conseiller municipal de la majorité avait voté pour le Maire et deux autres pour les adjoints - en estimant que c'était la suite logique du résultat de l'élection municipale pour l'un et de l'élection du Maire pour les deux autres).
Au MODEM, nous avons pour tradition de n'avoir pour seule discipline que notre conscience. C'est cette règle que nous avons adopté pour le groupe municipal Mieux Vivre à Saint Julien, et que nous appliquons. Lorsque des délibérations municipales font débat, il est rare que nous ayons tous le même point de vue et le même vote. Nous nous sommes réunis sur des orientations et sur un projet, pas sur un catalogue de délibérations. Il est donc bien naturel que nous gardions nos points de vue personnels.
A la Communauté de Communes du Genevois la discipline de vote n'est pas partisane mais communale. Un peu comme si des Conseillers Municipaux ne votaient les délibérations municipales que selon l'intérêt de leur quartier. On aboutit alors à un système de troc intercommunal : "une colonne d'eau contre un gymnase" qui est néfaste pour l'intérêt général des habitants du Genevois. Lors du vote sur le transport à la demande, quelques élus s'étaient abstenus mais j'avais été le seul à voter contre. Pourtant, 6 Maires du canton, 3 membres de la commission transport et de nombreux délégués m'ont indiqué à quel point ils partagaient mon analyse. Ils expliquaient leur vote de diverses manières : "je dois choisir mes batailles", "pas en séance plénière", "j'ai pensé que la commission avait approuvé"... Ces motivations en disent long sur la capacité de la communauté à organiser le débat public de manière adulte et responsable -sans doute l'une des causes de l'absentéisme dont elle souffre. La communauté de communes dépensera donc plus de 100 000 euros pour le transport individuel de 4500 personnes alors qu'avec un montant équivalent elle aurait pu financer plus de 200 000 déplacements collectifs qui auraient libéré les routes et préservé l'environnement.
Je fais le voeu qu'en 2009, les élus français votent un peu plus selon leur conscience de ce qui est l'intérêt général et un peu moins selon des disciplines partisanes, sectaires ou communales.
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mercredi, 26 novembre 2008
Qui a triché au Parti Socialiste ?
Les fraudeurs se distinguent le plus souvent par l’ajout de bulletins supplémentaires qui leur sont favorables – dans les chaussettes, faux électeurs, faux votants. Il est rare de constater des litiges sur des voix disparues.
Ces fraudes sont souvent difficiles à prouver…mais elles sont très visibles par une analyse statistique des taux de participation et des scores des candidats. Cette méthode permet d’identifier les fraudes « industrielles » de l’ordre de 10%-15% des votants d’une fédération – mais ne peut identifier des fraudes plus modérées de 1% à 2% des voix d’un département.
Les 10 fédérations dont le taux de participation est le plus élevé, donnent un score étonnamment plus élevé que la moyenne nationale à Martine Aubry : 53,6% (soit près de 4 points de plus que le national). Soit Martine Aubry a bénéficié d’un très fort surcroit de mobilisation dans les fédérations qui lui sont favorables.. ou des fédérations qui lui sont favorables ont ajouté des bulletins à son profit.
On peut exclure la première hypothèse puisque dans des fédérations qui lui sont très favorable comme le Nord on observe un taux de participation de 64% similaire à la moyenne nationale de 59%.
A l’opposé les 10 fédérations qui ont le plus voté pour Ségolène Royal montrent des taux de participation très proches de la moyenne nationale à 64% contre 59%. Ce qui permet d’écarter le soupçon de bourrage d’urne organisée sur plusieurs départements.
Une analyse de la corrélation entre le taux de participation et les scores montrent que le taux de participation -ou de bourrage d’urne- est en faveur de Martine Aubry (corrélation de +0,13%) au détriment de Ségolène Royal (-0,13%).
Pour le vérifier, autre méthode consiste à observer les fédérations qui cumulent un taux de participation exceptionnel avec des scores exceptionnels. Cette double anomalie statistique laisse penser que les urnes ont pu être bourrées. 6 fédérations cumulent ces deux anomalies statistiques : côté Martine Aubry il y a deux grosses fédérations les Landes et la Seine Maritime et deux petites la Haute Corse et Mayotte. Dans la fédération d’Henri Emmanueli la participation est de 18 points supérieure à la moyenne nationale et le score d’Aubry de 17 points supérieure à la moyenne nationale. Dans le département de Laurent Fabius la participation est de 16 points supérieure à la moyenne nationale et le score d’Aubry de 29 points supérieure à la moyenne nationale.
Côté Royal ce sont les résultats de Guadeloupe et de l’Aude qui relèvent de l’anomalie statistique avec des taux de participation de 20 points supérieurs à la moyenne et des scores de près de 30 points supérieurs à la moyenne nationale.
Les résultats des Deux Sèvres –département de Royal- et du Nord –fédération d’Aubry- n’ont rien de statistiquement anormal avec un taux de participation de 63-64%. Cela exclut des bourrages d'urnes massifs dans ces deux départements.
Au total, si on ne prend en compte que les 100 fédérations dont le vote est dans les normes statistiques (une variation de moins de 15 points sur la moyenne nationale de participation ET du score), on arrive à un résultat de 50,25% en faveur de Ségolène Royal qui obtient 608 voix d’avance.
La statistique ne tient pas lieu de preuve. Mais pour les démocrates, la statistique indique que ce serait les amis d’Henri Emmanuelli dans les Landes et de Laurent Fabius en Seine Maritime- qui ont le plus bafoué le vote des adhérents au profit de Martine Aubry.
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vendredi, 14 novembre 2008
Parti socialiste : le choix du mensonge ou de la sincérité ?
Le Parti Socialiste réunit son congrès ce week end. Un congres décisif pour le PS. Décisif aussi pour la démocratie. La démocratie a besoin de partis représentatifs et forts pour animer le débat public. Le débat est pauvre en France : une UMP aux ordres du communiqué de presse du jour, un PS en conflit perpétuel, des Verts désorganisés, un PC et un FN en voit d’extinction, un nouveau parti anticapitaliste sympathique et irresponsable et un MODEM affaiblit.
Il faut que les électeurs socialistes puissent être représentés dans les institutions par un parti fort – et que la violence ne devienne pas pour eux la seule manière de s’exprimer.
Je souhaite que le Parti socialiste ce week end face le choix de l'honnêteté vis à vis de ses électeurs. Et ceux-ci doivent avoir la maturité de comprendre le monde qu’ils veulent changer. Les élections de 2002 et de 2007 ont montrées que le PS ne pourra désormais plus gagner sur des projets idéologiques de gauche et gouverner en sociaux démocrates comme il le faisait du temps de Mitterrand. Le PS doit mettre ses actes et ses projets en cohérence pour redevenir crédible. « La gauche des riches » c’est le nom que donnent les électeurs des quartiers les plus défavorisés de Saint Julien lorsqu’ils qualifient la politique municipale socialiste qui a mis la priorité sur l'action culturelle et qui a construit moins de logements sociaux que toutes les municipalités précédentes.
Le Parti Socialiste n’a pas de leader – et aucun ne se s’annonce à l’horizon car aucun n’a le courage de mettre les socialistes face à leurs contradictions. Seul Benoit Hamon a le mérite de la cohérence et de l’honnêteté – il est sincèrement, idéologiquement, utopiquement et naïvement de gauche. Par pragmatisme et ambition les autres refusent d’assumer la responsabilité de faire rejoindre l’utopie et la réalité.
La France a besoin d’un PS représentatif et fort. J’espère que les adhérents socialistes contribueront à ce que le PS devienne sincère et honnête.
15:58 Publié dans Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : parti socialiste francais, congres de reims |
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jeudi, 30 octobre 2008
Alcool sur internet : une question de valeur
Le Gouvernement a décidé d'autoriser la publicité pour l'alcool sur internet. Poussé en cela par des députés qui privilégient des intérêts locaux sur l'intérêt général national. Sachant qu'internet est un média en pleine expansion, cela revient à autoriser la publicité tout court pour l'alcool d'ici 10 ans.
Pourtant,
1) les statistiques montrent une augmentation très importante des cas de coma éthyliques chez les adolescents dès 14 ans,
2) la France a historiquement un problème d'alcoolisme prononcé : nous sommes dans les tous premiers pays pour la consommation d'alcool par habitant (compté en équivalent alcool pur, car d'autres pays consomme plus de boissons moins alcoolisés comme la bière),
3) mais surtout ne nous faisons pas d'illusions, comme pour tous les autres marchés, 80% de la consommation est réalisée par 20% des clients, les alcooliques. Le coeur du "business" des alcooliers c'est l'alcoolisme.
Il est malsain de pousser à la consommation par de la publicité.
Les emplois qui seront créés par une telle mesure sont de peu de poids par rapport aux conséquences sanitaires, sociales, familiales d'une telle décision. On retrouvera certains de ces internautes en cour d'assise dans 10 ans. Ils sont aussi de peu de poids au regard du coût financier de l'alcoolisme pour la collectivité. Avec de telles logiques stupides, le Gouvernement pourrait aussi créer un plan de création d'emploi dans le secteur du "deal" !
C'est dans de tels décisions que l'on voit une vrai différence de valeur entre des libéraux d'une part qui privilégient les intérêts purements économiques et financiers et les démocrates d'autres part qui privilégient l'aspect humain.
08:50 Publié dans Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : humanisme, autorisation de la publicité pour l'alcool sur internet |
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