vendredi, 18 avril 2008

Les centristes continuent de convaincre

Depuis les municipales, les différents mouvements centristes s’accusent d’avoir plus perdu les uns que les autres comme pour justifier leur propre stratégie d’autonomie (MODEM) ou d’alliance (Nouveau Centre). Les uns comme les autres ont perdu ! Des villes pour le Nouveau Centre, des élus pour le MODEM. Dans les 90% des communes de moins de 10 000 habitants, de nombreux centristes ont été élus. Ici, dans le Genevois Haut Savoyard nous comptons 23 Conseillers Municipaux MODEM dans 7 communes, des Nouveau Centre et un peu partout de très nombreux élus locaux centristes indépendants.

Défaites toutes relatives lorsqu’on la met en perspective des performances de l’UMP Haute Savoie qui décline partout dans le Genevois : défaite des maires de Fillinges, Arthaz et Feigères. Scores faibles ou décevants dans les 4 communes où il y avait une liste UMP à part entière (Gaillard 34%, Annemasse 29%-avec le soutien du MODEM-, La Roche 14% et Saint Julien  28%). Personne ne peut se réjouir de défaites de concurrents qui défendent honnetement et avec sincérité leurs convictions, mais elles interpellent par leur catactère systématique.

Le centre est aujourd’hui le troisième courant de pensée en France. Dans d’autres pays, cela assurerait au centre une représentation politique importante. Dans un système majoritaire il faut composer une coalition majoritaire comme cela se faisait jusqu’en 2002 (RPR+UDF d’un coté, PS+PC+Verts de l’autre). Mais depuis 2002 l’UMP et le PS utilisent leur prépondérance et détournent le système majoritaire pour éliminer leurs anciens alliés respectifs.

La volonté hégémonique de l’UMP et du PS conduit à avoir un pouvoir soutenu par une minorité de la population. Un pouvoir impuissant faute de soutien populaire. Un Parlement dont sont exclus de représentation 41% des électeurs de la présidentielle de 2007. Cela conduit à un débat public qui se résume à des anathèmes plutôt qu’à des débats constructifs. PS et UMP s’invectivent sur les déficits plutôt que de trouver la meilleure manière de réduire les dépenses. La France a besoin d’un centre fort pour contraindre la droite et la gauche à s’écouter pour trouver ensemble des solutions aux problèmes du pays.

Dans ce contexte quel est l’avenir du centre ? S’allier comme l’affirme le Nouveau Centre, pour reconduire les coalitions majoritaires du passé ? Ou l’indépendance comme le prône le MODEM pour parvenir au niveau électoral à partir duquel tout bascule et l’on passe du statut de troisième éliminé à celui de second en position de force ?

Le centre a pour vocation de former des coalitions. C’est l’essence même de son projet de rassemblement au delà des clivages. Mais pour former ces coalitions le centre doit d’abord gagner le respect de ses futurs partenaires dans les urnes. C’est parce que la vieille garde centriste n’avait plus été à la conquête depuis les législatives de 1978 qu’elle s’est retrouvée en situation de faiblesse face à l’UMP en 2002.

A ce jour le centre ne peut pas s’allier à une UMP dirigée par des individus qui organisent activement l’extermination politique du centre par toutes sortes de manœuvres : seulement 22 députés Nouveau centre sur 577 soit 4% pour représenter les 18% d’électeurs de Bayrou, appels à voter PS au second tour lorsque le centre est en seconde position, investiture à un maire PS à Pau, menaces sur les financements publics… etc...etc... Cette extermination politique vise autant le MODEM que le Nouveau Centre que les anciens UDF. Pour faire des alliances encore faut-il avoir des alliés qui vous respectent. L’UMP a été une machine à broyer les centristes ambitieux : Méhaignerie et Douste-Blazy n’ont plus voix au chapitre, de Robien non plus… Morin, Santini et Létard bientôt, Cornillet, Arthuis et Mercier vont bientôt échanger leur poids politique pour un maroquin. En politique, on n’a d’influence qu’à proportion des électeurs que l’on représente. Moins on a de liberté de parole, moins on exprime les points de vue de ses électeurs, moins on a d’électeurs et donc d’influence.

Le centre ne peut pas non plus aujourd’hui, s’allier avec un PS qui ne sait toujours pas s’il doit réguler le libéralisme ou le rejeter. Le centre, lui, est libéral et social. Il ne pourra s’allier avec le PS que lorsque celui-ci deviendra un mouvement social démocrate comme tous les autres PS en Europe qui ont renoncé à l’idéologie antilibérale. Seul un profond changement du PS à son Congrès de l’automne 2008 pourrait en faire un partenaire possible du centre.

Le centre doit donc continuer à convaincre pour atteindre le seuil à partir duquel tout bascule. Le problème du scrutin majoritaire lorsqu’il est détourné comme c’est le cas depuis 2002, c’est qu’il élimine le troisième. Jusqu’au jour ou le troisième devient second. L’histoire politique a prouvé que ce qui parait éternel un jour peut disparaître le lendemain.

Les centristes ont le choix entre une disparition programmée sous tutelle à l’image de ce qui arrive aux Verts et au PC ou, petit à petit, de convaincre suffisamment de Français pour atteindre le seuil qui leur permettra de devenir seconds.

Est-ce possible ? Le centre devra pour cela venir à bout de trois handicaps. En premier lieu il y a les moyens financiers. Les subventions publiques du centre sont environ 5 fois inférieures à celles du PS et de l’UMP. Deuxièmement, la prime au sortant rend les conquêtes difficiles. Plus de 8 sortants sur 10 sont réélus aux élections cantonales, législatives et municipales. Entre la longévité des carrières politiques et la prime au sortant, le territoire des conquêtes possibles se limite au maximum à 30% des unités électorales. Troisièmement, le centre est pénalisé par ses multiples divisions.

Mais le centre dispose aussi de deux atouts. En premier lieu une nouvelle génération de candidats qui élections après élections s’implantent. D’abord une centaine lors des législatives de 2002, puis environ 400 lors des cantonales et régionales de 2004, puis 500 lors des législatives de 2008, et environ 10 000 conseillers municipaux lors de ces municipales. Voilà une armée de candidats en marche qui tranche des tergiversations de la vieille garde centriste. Le centre se trouve en position d’être le premier parti politique qui pourra répondre à l’attente forte de renouvellement politique de la génération post baby-boom.

En second lieu pour sa défense, sa capacité de nuisance est très forte. L’UMP avait été créé pour être une machine à gagner les élections. Mais son incapacité à fédérer les électeurs du centre l’a transformé en machine à perdre : perte avec fracas des élections régionales et cantonales de 2004, perte du second tour des législatives de 2007, perte encore des municipales et cantonales de 2008. Les pertes de l’UMP sont tellement invraisemblables que le PS contrôle presque toutes les régions, une majorité des départements et bientôt peut être même le Sénat ! Quant aux présidentielles et législatives est-ce bien l’UMP ou Sarkozy qui les ont gagnées ? Le jour où l’UMP aura pour objectif de gagner, elle devra respecter le point de vue des français du centre. Le PS engrange les victoires, sans leader et sans projet... par la seule incapacité de la droite à fédérer le centre.

Entre le PS et l’UMP la tentation est grande d’isoler le centre pour rester dans un duopole confortable qui conduit à l’alternance des incapables. Ils peuvent éliminer des candidats, mais ils ne pourront jamais supprimer un courant de pensée dans la population. Le premier des deux qui rompt le duopole et  forme une coalition avec le centre sera dans une position majoritaire durable. Le PS le fera t’il en premier à l’automne en se transformant en mouvement social démocrate ? Ou l’UMP voudra t’elle en premier sortir de la spirale infernale de ses défaites successives ?

Que peuvent faire les centristes ? Exercer le pouvoir au détriment de leurs idées ou défendre leurs idées et ne jamais participer au pouvoir ? Le dilemme n’est que d’apparence : à quoi bon exercer le pouvoir si on ne peut y mettre en œuvre ses convictions comme le proposent PS et UMP à ce jour qui ne veulent du centre que comme faire-valoir électoral plutôt que comme partenaire respecté. Hervé Morin, Ministre de la défense, ne participe aux décisions qu’à la faible mesure de ses 4% de parlementaires, c'est-à-dire qu’il exécute plutôt qu’il ne co-décide.

Notre seul choix c’est de continuer de convaincre patiemment un à un les Français. De gagner un peu plus d’électeurs à chaque élection que l’on perd, pour parvenir un jour au point de bascule du système majoritaire. C’est parce que l’UMP et le PS savent que cette menace du point de bascule est à portée des centristes qu’ils s’acharnent à détruire le centre quitte à s’entendre entre eux. C’est aussi parce que ce point de bascule est à notre portée que nous nous acharnerons à convaincre les Français de la justesse de nos convictions. Pour tous les centristes, la seule solution pour faire progresser le centre c’est de convaincre chaque jour quelques Français supplémentaires que la France a besoin à nouveau de son centre pour mettre fin au déclin et commencer à trouver des solutions à ses problèmes.

Lors de son congrès de Lyon en janvier 2006, l’UDF avait fait le choix de la liberté. Avec la liberté vient la responsabilité. La responsabilité de défendre ses convictions parce que la France a besoin de son centre.

 

Croire en quelque chose et ne pas le vivre c’est malhonnête (Gandhi)

lundi, 26 novembre 2007

Musulman et Français à Saint Julien en Genevois

De plus en plus d'habitants de Saint Julien ont une double culture. Ils sont originaires d'un pays étranger mais habitent en France depuis leur naissance. On ne mesure pas toujours la difficulté qu'il peut y avoir dans notre pays à vivre cette double culture.

Il est par exemple très souvent impossible pour un musulman français d'enterrer ses parents dans notre pays selon ses rites. Pour suivre ses rites, il est contraint d'aller inhumer sa famille dans son pays d'orgine. Nous devons permettre à tous les Français d'enterrer leurs parents ici si nous voulons que tous les Français puissent vivre ensemble.

J'ai rencontré des musulmans qui me décrivaient comment ils se voient contraints de se rendre sur leur lieu de culte en cachette. Leurs collègues ne faisant pas la différence entre un musulman pratiquant et un intégriste, ils craignent de perdre leur emploi s'ils sont vus allant prier. Médecins, professeurs, maçons ou ingénieurs ils ne pratiquent leur culte que semi-librement en France. Pourtant dans toutes les religions il y a des pratiquants et des intégristes.

Les associations culturelles et cultuelles font bien souvent un travail d'intégration social et de prévention de la violence qui est remarqué par les gendarmes. La réflexion spirituelle offre souvent aux adolescents un premier cadre de valeur. C'est vrai pour les Français chrétiens comme pour les Français musulmans.

Cette semaine j'ai découvert d'autres exemples de vexations quotidiennes qui montrent à quel point nous devons apprendre à devenir un pays multiculturel. Un père aux revenus modestes m'expliquait que la cantine du collège de Saint Julien lui facturait les repas de son fils pendant le mois du ramadan alors qu'il ne déjeune pas à la cantine ce mois là. Lorsqu'un Français sur 10 est musulman, est-il si compliqué que cela d'adapter la facturation des repas à ce qui est consommé ? Ou faut-il que la collectivité accroissent ses revenus sur ceux qui pratiquent le ramadan ?

Le Maire de Saint Julien a rénové à grands frais le toit de l'église de St Julien. Ces travaux de rénovation n'étaient pas urgents ni prioritaires. Comment préserver les équilibres entre Français lorsqu'on constate que dans presque toutes les communes de Haute Savoie le gymnase est moins bien entretenu que l'église ? A Saint Julien il suffit de comparer l'état de l'église par rapport à la salle des Burgondes, à la MJC ou au Gymnase du Léman !

Loin de ces divisions, de ces vexations et de ces humiliations, il est temps qu'on apprenne à vivre ensemble dans un pays devenu multiculturel. Pour cela il faut revenir à la définition d'origine du principe de laïcité qui est la liberté de conscience et la neutralité de la puissance publique.

samedi, 25 août 2007

Raymond Barre et les panégyriques

 3ca847dd67d6a6e55e5bc004d061ae65.jpgIl n'y a pas plus talentueux qu'un artiste qui vient de mourir.

Il en va parfois de même des hommes politiques qui lors de leur mort se découvrent une soudaine popularité. Je me méfie des phénomènes de groupes quels qu'ils soient. J'ai trop lu sur les effets pervers qu'ils ont eus dans l'histoire. Lorsque les uns et les autres répètent les discours ambiants plutôt que d'apporter leur pierre, alors le groupe devient dangereux car il accorde le pouvoir du nombre aux idées préconçues.

Certains politiques se targuent d'être en phase avec les émotions du moment - ils vont jusqu'à en faire une méthode de gouvernement. D'autres se font plus voir aux enterrements que dans les hémicycles ou à la rencontre des gens. De mon côté je me méfie comme de la peste des mouvements de foule et des sautes d'humeur. Quelle que soit l'émotion que j'éprouve à l'annonce de la mort de Raymond Barre je ne céderai pas à la tentation du panégyrique.

Raymond Barre m'a souvent impressionné et, oui, aussi paradoxal que ça puisse paraître enthousiasmé. Je mesure encore aujourd'hui à quel point la France serait aujourd'hui différente si les Français lui avaient fait confiance aux présidentielles de 1988. Je mesure surtout l'héritage historique du septennat de Giscard auquel Raymond Barre a beaucoup contribué : droit de vote à 18 ans, droit à l'avortement, divorce par consentement mutuel, modernisation de l'industrie française, indépendance énergétique avec le développement des centrales nucléaires et la création d'une société nationale pétrolière, mise en oeuvre de la pluralité des médias avec l'éclatement de l'ORTF, création de l'Ecu qui précède l'avènement de l'Euro, construction européenne, renforcement des liens franco-allemands, premiers gouvernements où les femmes ont des ministères de premier plan.

Je crois que ce n'est pas un hasard si Raymond Barre est l'un des très rares premier ministres de notre histoire récente à avoir remporté des élections législatives (en 1978).

Ce matin, j'ai été ému d'apprendre le décès de Raymond Barre. Voilà une mort bien différente de celles qu'on nous annonce chaque jour de ces artistes et responsables qui décèdent faute de n'avoir jamais su décrocher et passer le relais.

Mais cette mort ne doit pas pour autant nous conduire à nier la part d'ombre bien humaine du décédé. Les propos trop ambigus qu'il a tenus sur l'attentat de la rue des Rosiers ou sur Maurice Papon.

Je lui reproche aussi de n'avoir pas eu suffisamment d'influence. A quoi bon avoir les meilleures idées si l'on n'est pas aussi capable d'influencer la politique nationale : malheureusement, Raymond Barre a eu moins d'influence sur le cours de l'histoire de notre pays que des hommes aussi malhonnêtes que Mitterand, incompétents et malhonnêtes que Chirac et simplistes et sectaires que Le Pen.

 

samedi, 04 août 2007

La France un pays encore trop corrompu

Selon Transparency International la France n'est seulement qu'au 22ième rang des pays les moins corrompus. Nous sommes parmi les moins biens classés de l'Union Européenne.

La corruption est à mon avis un drame public. Les montants détournés sont souvent considérables mais au delà de ces montants, elle mine la confiance des citoyens dans l'action publique. Or cette confiance est déterminante dans la construction d'un projet commun. Elle mine également l'efficacité de l'action de l'Etat. Les premiers à subir les conséquences de la corruption sont les contribuables.

Ce résultat n'est finalement pas étonnant lorsqu'on constate que le principe de la tolérance zéro ne s'appliquent pas aux anciens membres du RPR impliqués dans des affaires de corruption ou de détournement de fonds : Jacques Chirac, Alain Carignon, Jean-François Mancel, Didier Balkany, Charles Pasqua pour ne citer qu'eux sont soutenus et investis par l'UMP. L'UMP n'est certes pas un parti politique composé uniquement de corrompus mais un mouvement qui protège, investit et soutient des personnes largement impliquées dans des entreprises de corruption et de détournement de fonds.

Cette corruption ne se limite pas au seul secteur public. Il me semble même qu'elle est encore plus importante dans le secteur privé. Lorsque j'étais Directeur Marketing de la Banque Cortal, dont je gérais le considérable budget publicitaire, j'ai eu la surprise un jour de recevoir un appel du journal Le Monde qui m'invitait pour un voyage d'étude à Pékin et Shanghai, tous frais payés. Le Monde qui se fait le chantre de la dénonciation des affaires de corruption n'est pas le dernier à tenter de corrompre.

Il est bien connu qu'une partie importante des places des grands spectacles sportifs (coupe du monde, Roland Garros) sont données gratuitement par des entreprises à leurs clients. Soi disant pour nouer des relations commerciales, mais plus prosaiquement pour bénéficier en premier lieu aux cadres des clients et fournisseurs. Certaines entreprises ont des règles internes très strictes. Mais ce n'est pas le cas de toutes les entreprises et malgré tout, cela dépend toujours de l'éthique personnelle des cadres.

A l'opposé, durant la campagne des législatives, j'ai pu observé la parfaite intégrité de certains journalistes qui refusent même un café. Ils ont raison : si le prix d'un café est un montant anodin, il vaut mieux se faire une règle de ne rien accepter plutôt que d'entrer dans le débat de savoir à partir de quel montant accepter un cadeau devient compromettant.

La décentralisation nourrit les plus folles rumeurs de corruption. Pourtant lorsqu'on constate que la décentralisation des pouvoirs ne s'est pas accompagnée d'une décentralisation des contrôles équivalente, on peut craindre que la corruption locale n'ait gagné du terrain.

Heureusement nous sommes dans un pays où la corruption est plutôt l'exception que la règle. Mais une exception pas assez rare qui coûte au pays beaucoup plus que les montants en question.

Dans ce cadre, il me semble que les dirigeants devraient être exemplaires. Ils devraient veiller à ne pas se mettre dans des situations de dépendance vis à vis du pouvoir économique. On se souvient qu'en sont temps, le Général de Gaulle payait le coût des repas des convives qu'il invitait à l'Elysée. 

Le comportement de Nicolas Sarkozy n'est de ce point de vue là pas du tout exemplaire pour le pays. Lorsqu'un Président de la République dont l'indémnité financière est de 6000 euros par mois accepte qu'un ami lui offre des vacances pour un montant de près de 50 000 euros pour deux semaines, il se met en situation de dépendance. La nature humaine étant ce qu'elle est, il est rare qu'un tel cadeau soit désinstéressé. On en vient à se dire que le Président de la République est soit naïf sur la nature humaine, soit corrompu. 

On aimerait savoir qui est ce riche et généreux ami : le propriétaire d'un média qui a par ailleurs bénéficié d'une interview en exclusivité ? ou l'actionnaire d'une société d'armement qui a bénéficié d'un contrat avec la Libye et qui souhaite fêter l'occasion avec le Président de la République ?

La corruption se développe tout particulièrement dans les pays qui manque de contre pouvoirs. Une leçon à retenir en France où le Parlement est devenu une simple chambre d'enregistrement où se joue un jeu de rôle entre la majorité et l'opposition.

vendredi, 03 août 2007

Pour des pénalités financières pour les députés absentéistes

Il me semble tout à fait souhaitable d'infliger des pénalités financières aux députés absentéistes.

L'absentéisme parlementaire est un vrai fléau français largement documenté tant par des députés UMP que par des députés PS. Je vous recommande la lecture des livres de Laurent Wauquiez (UMP) ou Arnaud Montebourg (PS) sur le sujet. Ce sujet a également été documenté par des journalistes dans un livre : "députés sous influence". L'absentéisme parlementaire est un fait indéniable et choquant. D'autant plus choquant que les élus se doivent d'être exemplaires.

Si le Parlement français n'a plus aucune influence dans l'élaboration des lois c'est bien que les Députés ont depuis longtemps démissionné de leur responsabilité.

Cet absentéisme parlementaire est d'autant plus choquant que les députés sont beaucoup plus présents lors des séances de question au gouvernement pour être vus à la télé... mais sont absents lorsqu'il s'agit de débattre des projets de loi.

Il est vrai que le travail parlementaire ne se limite pas aux séances publics. Mais les séances publics sont une composante essentielle du travail parlementaire. Et c'est la seule partie visible. Connaissant la propension des parlementaires à se concentrer sur la partie visible de leur travail, on peut douter que leur participation aux travaux en commission soit plus importante. Lors de la réunion de la commission des finances qui a discuté du bouclier fiscal, à peine trois semaines après leur élection, seuls 18 députés UMP sur 40 étaient présents selon les propres aveux de Jean-François Coppé (UMP).

Ce problème de l'absentéisme est aussi un vrai problème au niveau local. A St Julien en Genevois, le conseil municipal a beaucoup de mal à réunir le quorum nécessaire à ses délibérations. En cette fin de mandat on voit des assemblées municipales et intercommunales de plus en plus clairesemées. Pour les assemblées locales comme pour l'assemblée nationale, cet absentéisme a aussi pour raison l'absence d'écoute de l'exécutif : en 6 ans de mandat les délégués communautaires ont très rarement eu à débattre puis départager une vrai question politique, les réunions des Conseils Communautaires sont trop souvent de simples réunions d'information sur des aspects techniques ou de diagnostic. Il est probable que les conseillers municipaux de St Julien ou les députés seraient plus assidus s'ils constataient que leur point de vue et leur participation influence les décisions du maire ou du gouvernement. A charge pour eux d'élever la voix tant qu'ils ne sont pas entendus par l'exécutif.

Ces pénalités aideraient à réduire le cumul des mandats qui nuit à l'efficacité du travail parlementaire. Personne n'est dupe : les parlementaires qui dirigent des executifs locaux sont des parlementaires fantômes.

Ces pénalités existent pour les conseillers généraux, conseillers régionaux et députés européens. Cela fonctionne. On y voit des assemblées pleines.

Ces pénalités sont prévues par le réglement de l'Assemblée nationale, mais pas appliquées. Bernard Accoyer, nouveau Président de l'Assemblée nationale, aurat-il l'indépendance d'esprit et la force de caractère d'en appliquer le règlement ?

mercredi, 01 août 2007

L'intelligence collective et la vie politique française

L'intelligence collective est un sujet beaucoup étudié. Il s'agit de l'intelligence d'un groupe qui peut selon son organisation être bien supérieure à la capacité individuelle de ses membres ou encore être dangereusement inférieure. En fonction de cette intelligence collective le groupe peut réaliser des choses exceptionnelles (les progrès de l'hygiène et de la santé, l'éducation, les conquètes spaciales, wikipedia, gagner une coupe du monde..) ou catastrophiques (dans des registres incomparables : le nazisme et la shoah, l'invasion de l'Irak, les déficits publics...).

Il y a quelques principes de base pour que l'intelligence collective d'un groupe progresse :

1) la capacité à chacun de dire ce qu'il pense à titre personnel par opposition aux points de vue moutonniers ou à la fameuse pensée unique;

2) la capacité de chacun des membres du groupe à écouter et faire l'effort de comprendre les points de vue divergents ce qui nécessite de faire confiance à l'autre sur la sincérité de son point de vue;

3) la capacité de chacun des membres du groupe à trouver des solutions qui correspondent simultanément aux différents point de vue exprimés. Cela passe par la diversité de la composition du groupe. Cela revient à construire des ponts entre les avis divergents : le mot même d'intelligence vient du latin INTER LEGO, créer des liens.

4) la capacité du groupe à prendre une décision puis à la mettre en oeuvre.

Un exemple concret d'intelligence collective dans un couple. M. et Mme Dupont souhaitent repeindre leur salon. M. Dupont aimerait le peindre en bleu, il aime bien le bleu dit-il, Mme Dupont en jaune, c'est sa couleur préférée. Sans intelligence collective, M. et Mme Dupont passeront des heures à essayer de se convaincre mutuellement. Soit l'un ou l'autre parviendra à imposer son point de vue et l'autre devra vivre dans un salon qui ne lui plait pas, ou ils s'entendront sur un vert de compromis qui ne satisferont ni l'un ni l'autre. Mais à l'opposé ils pourront essayer de comprendre pourquoi l'un souhaite le bleu et l'autre le jaune. Ils comprendraient peut être que si M. Dupont souhaite du bleu c'est qu'il veut une couleur naturelle et si Mme Dupont veut du jaune c'est qu'elle souhaite une couleur claire. Ils pourraient alors imaginer une couleur à la fois claire et naturelle comme le terra cotta qui satisferait pleinement leurs deux exigences différentes.

La vie politique française est l'exacte opposé de l'intelligence collective :

1) Pas de liberté de parole : les partis dominants sont soumis à un caporalisme tel que leurs membres n'ont aucune liberté de parole sur les déficits publics, sur le bouclier fiscal, sur les privatisations du secteur de l'énergie... etc etc... Imaginez donc qu'après 29 ans de carrière politique Claude Birraux, notre député, n'a même pas eu le choix de son propre suppléant. "sinon on donne l'investiture à quelqu'un d'autre" menaçait Bernard Accoyer la veille du dépôt des candidatures. Cette absence de liberté de parole conduit à l'absence d'esprit critique. L'absence d'esprit critique conduit aux comportements moutonniers qui donne la force de l'action du groupe à des décisions dangereuses (dans des registres encore une fois incomparables : nazisme, shoah, invasion de l'Irak et déficits publics).

2) Aucune confiance, aucune écoute : Il suffit de regarder une séance de l'Assemblée nationale pour observer le niveau zéro de l'écoute en politique. Honnêtement, on ne saurait le leur reprocher puisque les points de vue ne sont aucunement sincère mais simplement motivé par un simple jeu de rôle ou des enjeux électoraux. Quelle est la sincérité d'un Dominique Strauss Kahn qui est aujourd'hui candidat à la Présidence du FMI, temple de l'ultra libéralisme après avoir fait campagne pour le programme du Parti Socialiste qui se prétendait anti-libéral ? Quelle est la sincérité d'un Nicolas Sarkozy qui affirmait dans la campagne que la démarche de rassemblement de François Bayrou était anti démocratique et qui aujourd'hui pratique "l'ouverture" ? L'histoire des conquêtes du pouvoir montre le décallage entre les rèves vendus lors des campagnes par les conservateurs et les socialistes, et leur pratique du pouvoir lorsqu'ils sont confrontés aux réalités politiques.

3) La capacité des membres du groupe à imaginer des solutions nouvelles : Dans notre systèmes politiques français quasi monarchique où toutes les décisions se prennent au sommet, la créativité collective n'est pas utilisée. Cela est vrai tant au niveau national avec le Président de la République qu'au niveau local où beaucoup de Maires se prennent pour des roitelets. Nous qui disposons de l'un des Parlements les plus pléthorique des pays démocratiques nous sommes incapables de mettre à profit la créativité et l'imagination des plus de 800 parlementaires que nous nous payons le luxe d'avoir. Par ailleurs, notre Parlement et nos assemblées régionales, départementales et communales étant composée presque uniquement d'hommes blancs de 50 à 70 ans, nous sommes totalement incapables de profiter de la créativité qu'apporterait la diversité sociologique du pays.

4) Enfin la capacité du groupe à prendre des décisions et à les mettre en oeuvre. Du point de vue de la décision, nous sommes les champions : un coup de 49.3, un arrété municipal, des lois à foisons, quelques coups de fouets du Président du Groupe UMP à des troupes pas assez dociles, nous savons prendre des décisions... et le faire savoir. Mais celles-ci restent bien souvent lettre morte. De très nombreuses lois n'ont jamais de décrets d'application. D'autres ne sont simplement pas appliquées faute de soutien populaire : CPE, suppression du lundi de pentecôte. Car notre système élecoral permet à des partis minoritaires de disposer de majorités pléthoriques dans les assemblées sans faire l'effort de rassembler une majorité populaire dans le pays.

La vie politique française est donc le contre exemple de l'intelligence collective. Dans cet océan de stupidité, la nouvelle mode de l'ouverture est un air de fraicheur bienvenue. Mais il faut encore qu'il y ait la capacité des membres d'ouverture à s'exprimer librement (y compris dans leurs désaccords), la capacité d'écoute de chacun des avis divergents et la capacité à trouver des solutions.

L'ouverture sera donc la prochaine mode des élections municipales en France. J'espère que les candidats socialistes et conservateurs sauront s'affranchir de leurs idéologies pour nouer des ponts, pour créer des liens. Mais j'ai la conviction que les candidats démocrates seront d'office plus crédibles pour être à l'écoute des avis divergents et pour trouver les nouvelles solutions dont nos communes et notre pays a besoin.

 

mardi, 29 mai 2007

Débat sur la 4ième circonscription de Haute Savoie sur France Bleu Pays de Savoie mercredi 30 mai

France Bleu Pays de Savoie en association avec le Dauphiné Libéré organise une page suivie d'un débat sur les élections législatives dans la 4ième circonscription de Haute Savoie demain matin mercredi 30 mai de 8h10 à 9H00.

vendredi, 11 mai 2007

Pour des institutions indépendantes vraiment indépendantes

Dans cette campagne je défends également l'idée selon laquelle notre République ne doit pas être la République d'un clan. Il y a un certain nombre d'institutions qui doivent être indépendantes de tout pouvoir. C'est le cas du Conseil Constitutionnel, du CSA, du Conseil de la Magistrature par exemple. Nous proposons aussi que le Garde des Sceaux soit une personnalité indépendante qui n'appartienne pas à un mouvement politique.

Pour cela nous proposons que la nomination des membres de ces institutions indépendantes soient approuvées par le Parlement à une majorité des deux tiers afin de garantir une réelle indépendance.

Il est important que les décisions de ces institutions soient au dessus de tout soupçon et soient acceptées par tous.

Ce n'est pas le cas actuellement. Les membres de ces institutions sont pour la plupart connues pour leur proximité avec le pouvoir en place.

Le CSA vient de publier les règles de répartition de temps de parole pour les élections législatives, et dans sa grande indépendance a jugé qu'il était "équitable" que l'UDF qui a pourtant réunit 18,55% des suffrages il y a 3 semaines ne dispose que de 10% du temps de parole ! 8,55% de différence c'est le coup de griffe porté à un temps de parole équitable et démocratique.

Beaucoup de gens qui ne partagent pas les points de vue exprimés par l'UDF-Mouvement démocrate jugent néanmoins qu'il est juste que le temps de parole soit réparti équitablement.

Il est souhaitable que des Parlementaires plus indépendants qui refusent de dire "oui" à tout autant que de dire "non" à tout soient les garants de l'indépendance des institutions indépendantes de la République. Les Français ont besoin de députés qui les défendent auprès du pouvoir pas de soldats aux ordres d'une majorité ou d'une opposition.

Défendre les Français devant le pouvoir plutôt que le pouvoir devant les Français

medium_2007-05-10_Conseil_National_Mutualite_007.jpgNous avons fondé hier le Mouvement démocrate à l'occasion du Conseil National de l'UDF à la Mutualité.

Avec Jean Lassale sur cette photo, je soutiens cette initiative car je revendique que le député doit être au service des gens plutôt que de logiques partisanes. Il y a de multiples raisons pour laquelle on vote pour un candidat aux élections Présidentielles, il y a parfois le rejet de l'autre candidat du second tour, il y a plus souvent l'adhésion à la plupart des idées du programme. En revanche, sur le terrain la plupart des électeurs que j'ai rencontré n'adhéraient pas à toutes les propositions du candidat pour lequel ils ont voté.

En ce qui concerne le Président élu, certains électeurs ne sont pas d'accord d'augmenter de réduire les impôts tant que le budget sera déficitaire, d'autres électeurs ne sont pas d'accord que le Traité Constitutionnel rejeté par Référendum soit adopté par le Parlement. Ces électeurs là auront besoin de Parlementaires indépendants, libre de toute consigne de vote et qui ne disent pas TOUJOURS oui. Seuls les candidats de l'UDF Mouvement Démocrate pourront avoir la liberté de soutenir et de rejeter les projets de loi selon qu'ils servent les intérêts des Français.

D'autres électeurs encore souhaitent s'assurer que les promesses seront tenus. Les promesses ont été nombreuses durant cette campagne. Je pense en particulier à la promesse prise par Nicolas Sakozy sur la proportionnelle afin de s'assurer que tous les grands courants de pensée en France sont représentés.. et pas seulement les 56% de Français qui ont voté pour le PS et l'UMP le 22 avril.

Contrairement aux candidats du PS, les candidats du Mouvement Démocrate ne feront pas d'opposition systématique. Ils soutiendront les aspects économiques du programme et la volonté de réforme.

Contrairement aux candidats de l'UMP, les candidats du Mouvement Démocrate n'accorderons pas un soutien aveugle. nous jugerons sur pièce.

Par notre refus du sectarisme partisan, par nos candidats de renouveau face aux 450 députés sortants présentés par l'UMP et le PS, nous contribuerons au renouvellement des idées et des méthodes et en particulier nous mettrons fin aux pugilats des séances de questions au gouvernement

Nous avons besoin de Députés independant car le pouvoir n'a pas besoin d'être défendu devant les Français, mais nous avons plutôt besoin de défendre les Français devant le pouvoir.

mercredi, 09 mai 2007

Création du Mouvement Démocrate d'Annemasse

Nous avons fondé ce jour le Mouvement Démocrate d'Annemasse. Ce Mouvement Démocrate a pour objet de reconnaitre l'évolution de l'UDF au cours de ces 5 dernières années d'un centre allié et soumis à la droite en un centre autonome qui refuse les puérilités du clivage droite gauche telles qu'on peut les observer lors des séances de question au gouvernement les mardi et mercredi après midi.

Ce Mouvement Démocrate aura pour objectif de contribuer à la création d'un groupe au Parlement pour représenter les électeurs de la circonscription en toute indépendance : soutenant ce qu'il jugera bon, contribuant à améliorer les projets de loi qu'il considérera comme insuffisants. Refusant le soutien aveugle tout autant que l'opposition systématique. A quoi sert-il de verser des indémnités parlementaires à des Députés s'ils doivent durant 5 ans toujours voter POUR ou toujours voter CONTRE. Si l'Assemblée nationale existe, comme dans toute démocratie, c'est parce qu'à coté de l'exécutif il doit y avoir un pouvoir législatif indépendant au service des Français souverains.

Je mets à votre disposition ci-dessous l'enregistrement diffusé sur Radio France Pays de Savoie à cette occasion.


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