vendredi, 31 juillet 2009
Grippe H1N1 : banale et dramatique à la fois
Il y a une grande incohérence entre le discours alarmiste des medias et des pouvoirs publics qui feraient croire que la grippe H1N1 est une peste moderne… et les témoignages des personnes contaminées qui la décrive comme une grippe ordinaire.
C’est le paradoxe de cette pandémie : relativement banale au niveau individuel dans la presque totalité des cas, mais catastrophique au niveau collectif.
Elle est banale au niveau individuel car trois mois après les premiers cas, le taux de mortalité reste faible. Similaire à une grippe classique. Les données forcement partielle de l’OMS affichent un taux de mortalité de l’ordre de 0,6% dans le monde et 0,2% en Europe. En résumé pour 199 personnes sur 200 la grippe H1N1 reste une grippe ordinaire.
Alors pourquoi une telle vague de communication de la part des autorités, des medias et maintenant des entreprises ? Pourquoi des masques et des quarantaines ? Et les comportements de panique ou de cynisme des uns et des autres ? Certaines personnes en meurent tout comme les grippes saisonnières dont on ne parle pas tant.
Il y a deux facteurs sur lesquels la grippe H1N1 est différente de la grippe saisonnière : 1) elle est beaucoup plus contagieuse : il n’a fallu que 12 semaines pour qu’elle se propage de Mexico à Saint Julien en Genevois, elle se diffuse même en été alors qu’habituellement la chaleur estivale permet de contenir les épidémies grippales et 2) cette souche viral ayant peu circulé depuis longtemps, peu de personnes sont immunisées : donc beaucoup seront touchées – contrairement à la grippe saisonnière.
Les grippes saisonnières causent chaque année entre 250 000 et 500 000 décès. Mais, l’OMS prévoit que deux à trois fois plus de personnes pourraient être touchées que pour une grippe saisonnière habituelle. Le taux de mortalité étant le même que la grippe saisonnière, cela se traduirait par deux à trois fois plus de morts : entre 750 000 et 1 500 000 morts. Voila qui est tout de suite beaucoup moins banal.
La grippe A H1N1 est donc similaire à une grippe classique au niveau individuel… mais causerait trois fois plus de morts au niveau collectif – car trois fois plus contagieuse.
Les estimations de l’OMS appliquées à Saint Julien donneraient entre 2000 et 3000 personnes touchées. La quasi totalité qui s’en remettrait très facilement.. mais 6 à 10 morts sur la commune.
En France l’impact pourrait être :
1) un afflux dans les services de santé qui pourraient bien les paralyser dangereusement pendant quelques semaines – le week-end dernier une patiente britannique a du être envoyée en Suède pour y être traitée car tous les lits de soins intensifs du pays étaient déjà occupés, une situation qui pourrait se généraliser si tout le monde court à l’hôpital au premier symptôme,
2) un absentéisme des personnes touchées qui aura un impact économique et social important et
3) des morts de la grippe en nombre trois fois plus élevé.
Mais dans les pays en voie de développement la situation sera bien plus catastrophique. Les maladies actuelles sous jacentes malaria, VIH, malnutrition… augmente les taux de mortalité de la grippe. L’infrastructure de santé y est plus faible. L’épidémie de grippe H1N1 y causera beaucoup plus de morts et paralysera d’autant plus rapidement les services de santé qui seront vite débordés et ne pourront plus traiter les autres maladies.
De la même manière que le virus n’a mis que 12 semaines pour venir de Mexico à Saint Julien.. Il lui en faudra moins pour aller de Saint Julien à Cotonou où il sera plus mortel.
A titre individuel, les réactions des medias semblent exagérées : il ne s’agit pas d’une peste. Mais à titre collectif, pour protéger ses enfants, ses grands parents, son entourage direct aussi bien que les êtres humains qui sont à l’autre bout du monde, il est prudent de changer quelques unes de nos habitudes quotidiennes : se laver les mains à l’eau chaude régulièrement et éviter les contacts aux premiers symptômes. Chaque contamination évitée en évite des milliers par ricochet. Et évite quelques morts par la même occasion.
Cette grippe est banale au niveau individuel et mérite un peu de sang froid. Mais au niveau collectif elle mérite de prendre quelques précautions pour préserver des vies humaines.
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jeudi, 23 juillet 2009
Crise : réguler avant que tout recommence
Les plans de relance semblent avoir permis d'éviter le pire. Nous avons frôlé la catastrophe.
Il devrait être temps de s'attaquer aux causes de la crise financière. Un capitalisme financier qui s'approprie toute la création de valeur ajoutée : 15% de croissance annuelle des profits des entreprises dans une économie mondiale qui elle ne croit que de 4% à 5% (la différence se fait par des produits de moindre qualité, des fournisseurs et des collaborateurs laisés). Une financiarisation de l'économie qui déconnecte les marchés financiers du réel. Des rémunérations des dirigeants et des bonus qui encouragent et rémunère la prise de risques inconsidérés et les décisions à court terme qui permettent d'afficher du cash... et de détruire de la valeur à long terme.
Parce que nous avons évité le pire, certains pensent que la catastrophe est derrière nous. En réalité elle continuera d'être devant nous tant que des mesures intergouvernementales de régulation de l'économie n'interdiront pas les comportements déviants qui nous ont conduit à la situation actuelle d'explosion du chômage. Les banques continuent leur surenchère de bonus. Les dirigeants d'entreprises continuent leur jeu du "je t'augmente, tu m'augmentes par la barbichette" dans les Conseils d'administrations sans impliquer les actionnaires. La provision faite par Goldman Sachs pour les bonus 2009 s'élève à 20 milliards de dollars.. soit plus que la somme allouée par le G8 pour lutter contre la faim dans le monde.
Plus proche de nous à Genève, les sociétés de trading distribueront cette année des bonus similaires à ceux de l'an dernier. Sur l'ensemble de la cité de Calvin ce seront environ 3 à 4 milliards de dollars qui seront distribués à quelques centaines de traders -le canton connait ces chiffres. Les traders dont la contribution à l'économie mondiale se mesure chaque jour dans la volatilité des cours des matières premières et dans l'explosion du chômage seront rémunérés de manière immorale pour la saccage de la valeur ajoutée mondiale... le canton de Genève touchera sa part en contre partie des services rendus à ce secteur "économique". Genève : capitale de la bonne conscience. Le macro aussi a bonne conscience.
Des solutions sont possibles :
1) appliquer la loi qui en Suisse interdit que la rémunération variable soit supérieure à la rémunération fixe. A Genève dans le trading, les rémunérations variables sont parfois 30 fois supérieure à la rémunération fixe,
2) mettre en place un impot confiscatoire sur les bonus qui dépassent les rémunérations fixent,
3) imposer des ratios de solvabilités qui limite la spéculation et remettent les flux financiers dans des proportions raisonables par rapport à l'économie réelle,
4) imposer de manière confiscatoire la part des bénéfices distribués qui est supérieure à la croissance de l'économie,
5) mettre en place des limitations sur les rémunérations à court terme et conditionner les rémunérations aux résultats à long terme de l'entreprise,
6) imposer des limites à la taille des entreprises pour éviter les risques systémiques et pour éviter que les entreprises imposent leurs volontés et leurs règles par rapport à la volonté populaire.
Des pays qui ont les valeurs pour le souhaiter, seul l'Union Européenne a la taille suffisante pour imposer ces normes nouvelles aux entreprises mondiales. Aucune multinationale ne pourra se passer du marché européen. Les règles que décidera l'Europe seront des règles pour le monde.
Reprendre comme avant, ce n'est que remettre à plus tard une nouvelle crise, plus forte et plus violente. La crise actuelle a déjà détruit 6 années de création de valeur par les centaines de million d'actifs de toutes les économies développées. La prochaine pourrait détruire une décennie complète de valeur ajoutée.
Ces réformes nécessitent que des politiques se souviennent qu'ils sont là pour servir les gens et pas pour servir des millieux d'affaires qui ont perdus tout sens du réel. Ces réformes nécessitent un peu de courage et de détermination.
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vendredi, 19 juin 2009
Grippe A : Une pandemie.. maitrisée pour l'instant
Les premiers jours de l'épidémie de grippe A au Mexique étaient très inquiétants. La diffusion était rapide avec 40% de personnes contaminées supplémentaires chaque jour. Cela annonçait une diffusion mondiale en quelques semaines seulement. La mortalité aussi était élevée avec un taux de décès d’environ 2%.
La rapidité de la contamination pouvait laisser craindre que le tiers de la population mondiale puisse être touchée rapidement. Multiplié par 2% de mortalité cela indiquait une augmentation de moitié du nombre de décès sur la planète sur l’année.
Depuis la propagation a continué. Mais à un rythme chaque jour plus lent. On est passé de 40% de nouvelles personnes contagieuses par jour à 12% seulement. L’épidémie continue de se propager mais de manière plus maitrisée. Cela laisse beaucoup plus de temps pour adapter ses comportements, pour informer, pour lancer la production de vaccin ou d’antiviraux avant que la diffusion ne soit globale.
La mortalité aussi est cinq fois plus faible. On est tombé de 2% à 0,4% de mortalité. Dans la norme des épidémies saisonnières.
Les chiffres officiels ne rendent compte que des contaminations prouvées en laboratoire. Ce n’est qu’une petite partie de la réalité. Mais rien ne permet de penser que cette partie évolue différemment de la partie cachée. Les mesures prises et l’information sur l’épidémie ont contribué à réduire la diffusion et la mortalité.
Le virus pourrait muter et devenir plus ou moins contagieux et/ou plus ou moins dangereux. Les pays pauvres une fois de plus risquent d’être plus touchés faute d’hôpitaux, de médecins et d’infirmières.
Mais à ce stade, sa contagiosité et sa dangerosité sont similaires aux épidémies saisonnières habituelles. Comme pour les épidémies saisonnières, il y aura des morts. Mais pas les centaines de milliers que l’on aurait pu craindre initialement.
La concentration de la population dans de grandes villes et la globalisation favorisent l’émergence de nouvelles épidémies. D’autres viendront, elles nécessiteront aussi que nous adaptions nos comportements pour en réduire la diffusion et la mortalité.
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jeudi, 18 juin 2009
Omar Bongo : la mort du Gouverneur Général du Gabon
Avant même d’atterrir à Libreville, lorsqu’on constate que la propriété d’Omar Bongo occupe une bonne partie de la ville, on comprend tout de suite de quel sorte de régime il s’agit. En vue aérienne cela ressemble plus à "Bongoville" qu’ à une quelconque « libre ville ».
Les Francais ne sont pas les bienvenus au Gabon.
Omar Bongo était le Gouverneur Général d’une colonie version moderne. Le Gabon réservait à Elf Aquitaine (Total aujourd’hui) ses ressources pétrolières. La France appuyait un régime dictatorial. La fortune privée du dictateur est soigneusement préservée en France. Le parquet – sous l’autorité hiérarchique du Gouvernement – a encore récemment fait appel d’une enquête pour détournement de fonds ordonnée par un juge d’instruction sur la fortune privée de la famille Bongo en France. (Les Banques suisses pourraient passer pour des autorités morales à coté de ces dérives françaises).
La colonisation militaire a été remplacée par une colonisation économique qui condamne les Africains à la misère et à l'émigration. La seule différence c’est que les Gouverneurs Généraux sont maintenant des Africains.
Dans ces pays d’Afrique, la France est haït. Les Français aussi.
Il serait tout aussi colonial d’estimer que la France seule pourrait influencer des changements de régime dans ces pays Africains. Comme à Bagdad et Téhéran c’est d’abord la responsabilité des habitants eux mêmes de conquérir la démocratie – et de la maintenir. Mais sur le long terme, il est de l’intérêt de la France d’établir des relations d’amitié avec les Africains eux-mêmes plutôt qu’avec leurs dictateurs.
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jeudi, 07 mai 2009
Une pandémie qui se propage... ou disparait !
Il y a trois facteurs importants dans la diffusion d’une épidémie : 1) la contagiosité, 2) la période de contagion, 3) le nombre de personnes avec lesquels un malade est en contact.
Pour l’exemple, prenons une grippe X qui aurait une contagiosité de 2% : c'est-à-dire que 2% des personnes rencontrées seraient susceptibles d’être contaminées. Supposons pour ce cas d’école que la période de contagiosité est de 24 heures seulement. C'est-à-dire qu’un malade ne peut transmettre la maladie que durant une journée (ce qui n’est pas le cas de la grippe A).
Si 100 malades arrivent dans une ville au moment des vacances, les rues sont désertes. Ils ne rencontrent que 45 personnes durant les 24 heures durant lesquelles ils sont contagieux.
100 malades x 45 personnes rencontrées x 2% de contagiosité= 90 malades le lendemain.
L’épidémie baisse de 10% chaque jour et disparaît après 50 jours.
A l’opposé si ces mêmes malades avec cette même maladie arrivent au moment des soldes. Les rues et les magasins sont pleins. Ils rencontrent cette fois 55 personnes par jour :
100 malades x 55 personnes x 2% = 110 malades le lendemain.
Cette fois l’épidémie touche 10% de malades de plus chaque jour. Elle touche 1 million de personnes en 73 jours.
Les mesures de précaution prises actuellement peuvent donc rapidement être efficaces… mais pour peu qu’elles soient maintenues jusqu'à la disparition complète de l’épidémie partout dans le monde. Chaque cas d’infection peut être une nouvelle source épidémique dès que les mesures de précaution sont levées.
Maintenir des mesures de prévention mondiales jusqu'à la disparition complète du virus partout dans le monde est pratiquement impossible. Dans de nombreux pays on ne connaitra jamais en temps réel la diffusion de la grippe. Par ailleurs, il sera difficile d’imposer des règles aussi sévères alors que l’épidémie semblera pratiquement disparue. Il est probable qu’elle reparte alors.
Le risque épidémique est un risque de plus en plus important lorsque la population est de plus en plus urbaine et lorsque les transports favorisent des mouvements massifs de voyageurs. Les pandémies mondiales ne pourront être maitrisées que par des institutions continentales et un grand effort de solidarité pour mettre en place des infrastructures de sante dans tous les pays du monde. Voila un autre enjeu des élections européennes du dimanche 7 juin prochain.
08:04 Publié dans Mondialisation | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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mercredi, 06 mai 2009
L’épidémie de grippe A est-elle terminée ?
L’OMS publie chaque jour un communiqué qui précise le nombre de cas de grippe A. Il s’agit de cas confirmés. Ceux qui sont suivis dans des pays dans lesquels il y a des hôpitaux. Suite à des analyses. Comme le disent des experts de l’OMS, la face visible de l’iceberg.
1124 cas à ce jour, c’est faible rapporté à la population mondiale.. Ce qu’il y a d’inquiétant c’est la progression. Cette progression a varié entre un maximum +85% du 1er au 2 mai et un minimum +14% du 4 au 5 mai. En moyenne la progression a été de +46% de cas supplémentaires chaque jour. Les mesures de protection ont permis de réduire la propagation de l’épidémie. Leur relâchement conduira à une réaccélération.
La diffusion des épidémies est un phénomène complexe, mais une approximation archi simpliste par la poursuite de ces taux de diffusions nous conduit aux estimations suivantes :
1) La progression basse observée de +14% par jour conduit à 26 711 personnes contaminées à la fin du mois de mai,
2) La progression moyenne observée de +46% par jour donne 9 405 608 personnes contaminées à la fin du mois de mai,
3) La progression haute observée de +85% par jour donne 2 milliards de personnes contaminées à la fin du mois de mai.
Pour l’instant et d’après les chiffres de l’OMS – qui encore une fois ne peuvent être que très partiels – la mortalité est de 2,31%. Il est probablement plus facile de détecter les cas mortels que les cas bénins. Ce chiffre est donc sans doute surestimé. Ce chiffre est sans doute variable par pays selon l’infrastructure hospitalière. Une mortalité de 1% rapporté à l’hypothèse moyenne conduit à une estimation de 94 000 décès d’ici la fin du mois.
Le paradoxe d’une telle épidémie c’est que plus nous prenons de mesures préventives plus celles-ci réussiront à limiter la diffusion et plus elles paraitront excessives. Moins nous prendrons de mesure préventives, plus l’épidémie se diffusera rapidement et plus il deviendra évident qu’il faut les prendre. Lorsque l’épidémie progresse de 85% par jour on ferme les restaurants et la diffusion baisse à 14%. Lorsqu’elle baisse à 14%, les restaurateurs se plaignent, on ouvre les restaurants cela à un effet accélérateur sur la diffusion de l’épidémie.
La seule solution pour que l’épidémie disparaisse définitivement c’est de prendre des mesures préventives pour réduire chaque jour le nombre de cas jusqu'à la disparition complète de l’épidémie. Les mesures actuelles sont pour l'instant insuffisantes pour mesurer une régression.
PS : depuis la redaction de cette note, les chiffres publies par l'OMS a 16h indiquent une progression de +35% de cas par rapport a ce matin - en ligne avec le scenario moyen.
18:34 Publié dans Mondialisation | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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mardi, 05 mai 2009
L'Afrique est elle immunisée à la grippe ?
15 pays sont touchés par l’épidémie de grippe : Royaume Uni, Allemagne, France, Nouvelle Zélande, Hong Kong, Etats-Unis, Canada… bref que des pays qui ont des systèmes de soin très développés.
Les journalistes qui font des copier-coller des dépêches gouvernementales rassurantes, ne se posent pas beaucoup de questions sur l’immunité de l’Afrique et surtout de l’Amérique du Sud à l’épidémie de grippe. Les grippes saisonnières y passent pourtant comme ailleurs, et y font beaucoup de morts.
Le Mexique a beaucoup plus d’échanges avec le Brésil et l’Argentine qu’il ne peut en avoir avec Hong Kong. Si des cas ont été recensés à Hong Kong et pas en Patagonie, c’est simplement parce que les systèmes de santé ne permettent pas de le savoir si vite.
Il est facile de prévenir une épidémie qui est cantonnée à quelques pays. On peut identifier assez vite les voyageurs en provenance de ce pays en question. C’est beaucoup plus difficile lorsqu’il faut surveiller les voyageurs en provenance de 20 pays. Ce sera impossible lorsqu’il faudra mettre en quarantaine tous les voyageurs du monde.
Dans les pays développés la perspective d’un traitement au Tamiflu peut inciter des personnes contaminées à aller à l’hôpital malgré les contraintes de la quarantaine et les risques de marginalisation sociale temporaire. Dans des pays sans Tamiflu, les comportements coopératifs pour circonscrire l’épidémie ne comportent que des risques de marginalisation sociale pour les malades.
Pour venir jusqu'à nous l’épidémie –celle là ou la suivante- prendra le chemin des pays que nous n’aurons pas aidé à avoir un système de santé solide. Elle prendra le chemin des pays à qui nous n’aurons pas donné les moyens de se doter de doses de Tamiflu. Elle prendra aussi le chemin des pays desquels nous auront recruté nos médecins et nos infirmières.
La solidarité internationale pour mettre en place des systèmes de santé solide partout dans le monde est aussi une question de santé publique mondiale. Un autre enjeu des élections européennes du dimanche 7 juin.
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jeudi, 30 avril 2009
Comment le G20 a sauvé la Suisse
L'objet du G20 de Londres était de stabiliser l'économie mondiale. Depuis un mois les élus et les médias suisses redoublent de critiques contre l'OCDE et le G20. Ils estiment en avoir été les victimes en raison des mesures qui ont été prises contre le secret bancaire déloyale.
Certains élus irresponsables appellent à un boycott des insitutions internationales comme le FMI. Ces élus irresponsables oublient un peu vite que ce G20 a sauvé la Confédération. En augmentant considérablement les ressources du FMI, le G20 a mis un terme à la chute des monnaies est européennes sur les marchés. D'après les informations que j'ai, les Banques suisses ont 40 milliards d'encours de crédit dans les pays d'Europe de l'Est en Francs suisses. Une poursuite de cette dévalorisation des monnaies aurait transformé ces encours de crédit en actifs pourris.
Parce que les banques sont nécessaires au fonctionnement d'un pays, la Confédération aurait au final dû en payer la facture. 40 milliards qui auraient englouti la Confédération. Il n'est pas sûr que cela soit suffisant pour sauver l'Europe de l'Est et les Banques Suisses avec.
Mais à l'opposé faire de la Suisse une victime du G20 est déplacé. Malgré ses montagnes, la Suisse fait bien parti du monde comme tous les autres pays.
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mardi, 28 avril 2009
Une pandémie est elle dangereuse ?
Les épidémies comptent au nombre des quelques phénomènes naturels exponentiels avec les explosions nucléaires et les avalanches. Pour ces trois phénomènes, on en observe parfois le résultat mais heureusement très rarement le phénomène lui-même. Ces trois phénomènes sont souvent dévastateurs en vies humaines.
Un petit exercice pratique permet de prendre conscience du potentiel d’un phénomène exponentiel comme une grippe : Quelle serait l’épaisseur d’une feuille de papier que l’on plierait en deux 50 fois ? 9 personnes sur 10 répondent une épaisseur de moins de 1 mètre. Faute d’expérience pratique le cerveau humain a du mal à concevoir un phénomène exponentiel. Pourtant si l’on pouvait plier une feuille de papier en 2, cinquante fois de suite, l’épaisseur obtenue serait équivalente à la distance entre la terre et le soleil : 0,1mm x 2^50 = 113 millions de kilomètres légèrement inferieurs aux 150 millions de kilomètres qui séparent la terre et le soleil (en réalité la résistance exponentielle du papier empêche de plier n’importe quelle feuille plus de 8 fois).
De la même manière, les morts dramatiques du Mexique peuvent sembler peu nombreux par rapport aux millions de morts annuels des épidémies grippales. Pourtant si l’épidémie se propage de manière exponentielle elle peut toucher des centaines de million de personnes. Un taux de mortalité de 1% se traduirait par des millions de morts en quelques semaines.
Ce fut le cas en 1918 lorsque la grippe espagnole – dont la souche était aussi de la forme H1N1 – a tué en quelques mois 3 fois plus de personnes que la grande guerre n’en avait tué en 4 années de folie humaine.
L’OMS se trouve face à un dilemme. Seule une réaction excessive peut permettre de contenir une épidémie et empêcher sa propagation. Mais chaque réaction excessive qui parvient à empêcher une épidémie réduit la crédibilité sociale de la nécessité des mesures préventives. A posteriori, puisque les pandémies mondiales n’ont pas eu lieu, certains pourraient légitimement trouver excessives les réactions aux menaces de grippe aviaire ou de SRAS.
Dans une épidémie chaque contamination évitée se traduit par des milliers ou millions de vies humaines sauvées quelques semaines ou mois plus tard.
L’urbanisation de ces 50 dernières années favorise des contaminations rapides de populations importantes. La mondialisation favorise la propagation mondiale – on l’a vu ces dernières 48 heures. Ces deux facteurs rendent les pandémies moins contrôlables.
Ces évolutions favorisent l’émergence d’épidémies nouvelles que ne compensent pas vraiment l’amélioration de l’hygiène et de la santé.
Ce risque pandémique mondial croissant s’apparente à l’effet papillon : un éternuement de cochon au Mexique ou un battement d’aile de poulet à Hanoi peut entrainer la mort de million d’être humains sur les cinq continents.
De toute évidence les royaumes du moyen âge, les duchés et les cantons ne sont pas l’échelle pertinente pour prévenir, anticiper et traiter les futures pandémies mondiales. Contre les pandémies nouvelles, nous avons besoin d'institutions supranationales pour sauver les vies des êtres qui nous sont chers.
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vendredi, 10 avril 2009
La poule aux oeufs d'or
La Poule aux oeufs d'or - Jean de la Fontaine
L'avarice perd tout en voulant tout gagner.
Je ne veux, pour le témoigner,
Que celui dont la Poule, à ce que dit la Fable,
Pondait tous les jours un oeuf d'or.
Il crut que dans son corps elle avait un trésor.
Il la tua, l'ouvrit, et la trouva semblable
A celles dont les oeufs ne lui rapportaient rien,
S'étant lui-même ôté le plus beau de son bien.
Belle leçon pour les gens chiches :
Pendant ces derniers temps, combien en a-t-on vus
Qui du soir au matin sont pauvres devenus
Pour vouloir trop tôt être riches ?
Une fable que devrait méditer ceux qui ont investit dans les subprimes ou dans les fonds Madoff, les actionnaires, administrateurs, cadres et dirigeants de l'UBS. Mais aussi les fonds de pension let es actionnaires de la plupart des sociétés quotées qui a force de privilégier les résultats trimestriels et des retours sur investissements exorbitants, privent les entreprises des investissements nécessaires à leur avenir. Ils tuent leur poule aux oeufs d'or.
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