vendredi, 23 octobre 2009

Des conseillers territoriaux au service des habitants plutôt que des partis

La réforme des collectivités qui prévoit de rapprocher département et région serait une excellente réforme si le mode désignation garantissait que ces nouveaux conseillers territoriaux seront au service des habitants.

Ce n’est pas le cas dans le projet actuel du Gouvernement. Le projet présenté prévoit un mode de scrutin à un seul tour. Un tel mode de scrutin priverait les électeurs de leur souveraineté sur la présélection des candidats du second tour et confierait cette responsabilité uniquement à l’UMP et au PS.

Les électeurs de droite ou de gauche serait obligés de voter pour le candidat choisi par des partis de plus en plus petits, de plus en plus sectaires, de moins en moins représentatifs. Un tel mode de scrutin priverait de représentation institutionnelle locale les 54% de Français qui aux dernières européennes ne se sont reconnus ni dans le PS ni dans l’UMP.

Les Conseillers territoriaux seraient alors au service des intérêts partisans qui garantissent leur réélection plutôt qu’au service de l’intérêt général des habitants qui n’auraient plus qu’une influence limitée sur leur élection. On ferait un pas de plus vers une oligarchie partisane et loin de la démocratie.

Le projet de rapprochement entre région et département est bon. Les centristes l’ont proposé il y a 7 ans déjà. Mais le changement de mode de scrutin qui est proposé éloignerait les départements et régions des préoccupations des habitants.

Le Gouvernement doit renoncer à ce mode de scrutin qui imposerait aux Français un bipartisme qu’ils ne veulent pas. Si le Gouvernement persiste dans ce projet, il faudra construire une alternance en 2012 afin que les élections régionales de mars 2010 et les cantonales de mars 2011 ne soient pas les dernières élections locales libres de l’histoire de France.

mardi, 13 octobre 2009

Comment la désignation de Jean Sarkozy à la tête du quartier de La Défense est-elle possible ?

Un jeune étudiant de 23 ans qui n'a pas terminé ses études et n'a encore jamais fait de stage va se présenter à la tête du quartier de la Défense (EPAD). Etonnant dans un pays qui a besoin d'apprendre à faire confiance à sa jeunesse. Un pays où Michel Druker, Patrick Sébastien ou Patrick Sabatier sévissent encore dans les médias 30 ans plus tard, Claude Bébéar et Michel Pébereau dans la finance.. et où les Parlementaires se prénoment beaucoup plus souvent Michel ou Jean Pierre plutôt que Carine ou Philippe.

Il s'appelle Jean Sarkozy... ceci explique celà. Cette désignation du fils du Président de la République à la tête du premier quartier d'affaire d'Europe fait ressembler notre pays un peu plus à une république bananière fait la risée de la presse internationale jusqu'à Pékin et parfois en Une. Même les princes héritiers des monarchies d'Europe n'auraient pas droit à un tel traitement de faveur.

Pourtant rien ne confie pas au Président de la République le pouvoir de désigner le Président de La Défense. Alors comment est-ce possible ?

1) Les électeurs de Neuilly ont voté pour Jean Sarkozy. Comme les électeurs de Grenoble avait voté pour le repris de justice, Alain Carignon, qui était candidat de l'UMP lors des législatives. Avec aveuglement.

2) Les Conseillers Généraux UMP des Hauts de Seine ont porté Jean Sarkozy à la Présidence de leur groupe. Ils savent eux aussi que leur élection, les subventions à leur commune qui leur permettront d'être réélus dépendent du bon vouloir du Président de la République.

3) Hervé Marseille, Conseiller Général Nouveau Centre, vient de démissionner de son poste d'administrateur de l'EPAD pour laisser sa place à Jean Sarkozy. Hervé Marseille, comme presque tous les élus Nouveau Centre - à l'exception du Maire d'Annecy -, doivent leur élection au bon vouloir de l'UMP. Ils sont donc soumis aux ordres les plus iniques de l'UMP.

4) Les membres du Conseil d'administration de l'EPAD n'ont pas encore montré s'ils se soumettront aussi. On peut le redouter puisqu'ils sont aux aussi dans ce département sous influence.

Cette nomination est grave. Elle montre la dérive de notre République. Mais elle a le mérite de rendre clair et transparent la manière dont sont prises les décisions en France aujourd'hui.

C'est parce que son investiture, ses indémnités, ses mandats de Conseiller Général et de Député et sa Présidence de l'Office Parlementaire d'Evaluation des Choix scientifiques et techniques dépendent du bon vouloir du Président et de sa clique que notre député Claude Birraux vote en faveur des décisions les plus stupides : déficits publics, suppression de la TVA pour la restauration, bouclier fiscal, HADOPI, nomination des Présidents de l'audiovisuel public. Il maquille cette forme de corruption en appelant cette trahison des Français une "fidélité à son camp".

Jean Paul Amoudry a longtemps été un excellent parlementaire, grand connaisseur des communes de montagne. Un homme d'honneur. Il est aujourd'hui membre de la CNIL, plutôt ironique pour un homme qui connait très bien les collectivités territoriales mais qui ne sait pas lire un SMS ni envoyer un email. En échange de cette nomination, Jean Paul Amoudry a abandonné tout esprit critique. Il vote lui aussi aveuglément tous les déficits publics que présentera le Gouvernement, présentant peu d'amendements pour le corriger et se satisfaisant de leur rejet.

Dans notre département, seul Lionel Tardy a un peu d'esprit critique. Il s'est opposé à la loi HADOPI... mais a voté presque tous les autres projets de loi stupides. Qu'à celà ne tienne, l'UMP se cherche déjà un nouveau petit caniche pour remplacer celui-ci qui se révèle indocile. Tant qu'il y aura des electeurs pour voter pour des caniches, il risque d'y avoir foison de candidats.

Nous pouvons mettre un terme à cette république bananière. En exigeant des comptes des parlementaires. En élisant des Parlementaires qui ont du caractère et un peu d'esprit critique plutôt que ces notables qui préfèrent être fidèle à leur camp plutôt qu'aux Français, à leur conscience ou à leur honneur. Il faudra aussi élire des hommes et des femmes qui aient un peu plus d'éthique et de valeur.

 

lundi, 07 septembre 2009

Les arguments stupides des cumulards

Le cumul des mandats était une exception au début de la 5ième République. Elle s'est depuis généralisée. Aujourd'hui 9 parlementaires sur 10 sont des cumulards.

Petit à petit ils renoncent à exercer leurs responsabilités de contrôle de l'exécutif et de législateur pour se concentrer sur leur mandat local qui leur laisse beaucoup plus d'autonomie, beaucoup plus de satisfaction personnel. Leur égo se satisfait beaucoup plus d'être le chef dans leur commune ou leur département... qu'un député lambda à l'Assemblée nationale.

Ils renoncent aussi à aller écouter les Français dans leur circonscription : à quoi bon aller écouter ce que pensent les gens sur le terrain puisque de toute façon, les députés UMP et PS sont soumis à la discipline de vote partisane qui les empêche de voter en conscience. C'est ainsi que beaucoup de députés UMP et PS ont voté en dépit de leur avis personnel sur la loi HADOPI, la réforme constitutionnelle, la nomination des Présidents de l'audiovisuel public, le bouclier fiscal, les déficits budgétaires... Les Français n'ont plus de député à l'Assemblée nationale, ce sont les partis qui ont des VRP dans les départements.

Ils renoncent aussi à être simplement présent au Parlement. Les polémiques à répétition sur l'absentéisme Parlementaire le montre. Le mandat de Parlementaire devient de plus en plus un mandat qui consiste à toucher des indémnités en échange d'un silence contraint lorsqu'ils sont majoritaire.. ou en échange d'une opposition automatique ridicule lorsqu'ils sont minoritaires. Une forme de corruption des institutions.

Dans ce contexte, le cumul des mandats est un moyen pour les élus de faire à nouveau un peu de politique locale. C'est un moyen de compléter leurs indémnités d'élus. C'est aussi une forme d'assurance chômage faute de statut de l'élu.

L'argument utilisé à répétition est celui de la proximité avec le terrain. Comme si seuls les Maires connaissaient la réalité de la vie des Français. Il y a de toute évidence des Maires totalement déconnectés du terrain. Les défaites des Maires sortants aux élections municipales le confirment. Mais surtout un Maire est surtout dans sa commune. Particulièrement dans son bureau. Beaucoup avec les fonctionnaires de sa mairie. Un député Maire est donc moins présent sur le terrain de sa circonscription. Il n'a pas la même disponibilité pour aller à la rencontre des syndicats, des usagers, des retraités, des scolaires, des entrepreneurs et des associations.

Dans tous les autres pays d'Europe le cumul des mandats est rare... je pense que nul part ailleurs les Parlementaires sont aussi éloignés des préoccupations des habitants, et aussi peu présent dans l'hémicycle.

mercredi, 02 septembre 2009

La France tombe dans la monarchie "élective" absolue

La séparation des pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires est l'un des principes fondamentaux de la démocratie. Il permet à l'exécutif de diriger, mais garantie que les lois sont votées au nom des Français et qu'elles sont appliquées équitablement.

Depuis l'élection de Nicolas Sarkozy ces principes de séparation des pouvoirs sont remis en question. D'abord avec ce nouveau pouvoir qu'est le pouvoir médiatique : il contrôlait les médias privés par l'intermédiaire de ses amis que sont Dassault, Lagardère et Bouyggues. Par la loi il s'est assuré de l'autocensure des journalistes des médias publics qui dépendent hiéarchiquement de Présidents qui sont nommés par l'exécutif.

Il contrôle des Parlementaires soumis et cumulards dont l'indémnité et le statut social dépendent uniquement de leur réélection et de leur investiture. Des députés un peu trop indépendants d'esprit comme Lionel Tardy en Haute Savoie se voient menacés de n'être plus investit par leur propre parti faut d'avoir voté la loi HADOPI. L'UMP trouvera bien d'autres caniches pour le remplacer pour quelques miliers d'euros par mois. Y aura t'il encore des électeurs pour élire cette nouvelle génération de caniches ?

Voilà le dernier centre de pouvoir qui avait encore un peu d'indépendance qui va être mis aux ordres de l'exécutif. La suppression proposée du juge d'instruction retirerait tout droit d'investigation à la justice pour le confier aux procureurs qui dépendent hiérarchiquement de l'exécutif. Aucune enquête ne pourrait plus avoir lieu sans l'accord de l'exécutif : plus d'affaire Urba, plus d'affaire Elf, plus d'affaire du sang contaminé, plus d'affaires de faux électeurs, plus d'affaires de financement occulte des partis, plus d'affaires des Lycées en Ile de France, plus d'affaires de commission sur vente d'armes... ou seulement les quelques affaires politiques qui concernent des opposants (Villepin ou Julien Dray).

Cette concentration des pouvoirs est révoltante même lorsqu'elle est confiée à quelqu'un d'élu démocratiquement. Mais l'UMP ne s'arrête pas là. Elle propose aussi de remplacer les modes de scrutins à deux tours en mode de scrutin à un seul tour pour les élections régionales et départementales. Un tel mode de scrutin permettrait à un parti qui ne dispose que de 30% des voix (un peu comme l'UMP) de conquérir le pouvoir sans majorité.

Nous serions alors dans un pays où l'armée, la police, les parlementaires, les juges, les contrôleurs fiscaux, les journalistes dépendent tous du pouvoir hiérarchique d'un seul homme. Le titre de Président de la République ne serait alors plus adapté à ce qui serait une monarchie absolue.

mardi, 01 septembre 2009

Les dérives de l'élection directe du Président de la République

A l'approche de l'élection le 16 septembre prochain d'un nouveau Conseiller fédéral certains commentateurs et politiciens carressent l'idée d'une élection du Conseil Fédéral au suffrage universel direct. A l'exemple de la France, du Brésil, des Etats Unis (via l'intermédiaire un peu particulier des grands électeurs), du Gabon, de l'Iran et de quelques pays dans le monde.

L'élection du chef de l'Etat par le suffrage universel direct est dans le monde une exception parmi les démocraties plutôt qu'une norme. Dans l'Union Européenne, très peu d'Etats y ont recours. Ceux qui élisent leur chef d'Etat au suffrage universel direct confient l'essentiel des pouvoirs au Premier Ministre comme au Portugal. En Grande Bretagne, en Belgique, en Allemagne, en Italie, en Espagne, en Hollande, au Danemark, en Grèce, en Irlande... pour ne citer que ces quelques pays, le chef de l'exécutif est élu par le Parlement.

L'élection du chef de l'exécutif au suffrage universel direct à deux avantages : elle augmente considérablement la diffusion de la presse durant l'année électorale. On y parle de sondage. Des partenaires civils ou sexuels des candidats. Les plus grandes idées politiques se façonnent dans la contrainte de ce qui fait un bon titre de presse : de la provocation en 4 mots. On y aborde alors des idées aussi fondamentale que "passer les quartiers au Karcher"... La presse people bénéficie alors de tirages bien supérieur à la presse d'opinion. Elle couvre alors pendant plus de 12 mois l'actualité sentimentale de couple aussi fictifs que Nicolas et Cécilia ou Ségolène et François.

Le second avantage d'une telle élection c'est d'accorder une notoriété planétaire à ses dirigeants : les chefs d'Etat élus au suffrage universel sont connus de manière totalement disproportionnée. Lula, Ahmadinejad, Obama ou le futur chef d'Etat du Gabon seront bien plus connu à travers le monde que le Premier Ministre Japonais qui vient de démissionner. Et alors ?

En revanche, l'élection au suffrage universel direct ne permet pas un débat sur les idées et les propositions. Cinq candidats ne peut pas à eux seuls animer un débat politique sur des dizaines de sujets avec plusieurs dizaines de millions de citoyens comme peuvent le faire 3000 candidats parlementaires. Le résultat c'est qu'un pays se retrouve avec un chef d'Etat avec une légitimité fondée sur la notoriété de son couple fictif que tous les électeurs connaissent 100 fois mieux que ses idées. Celui ci applique alors un programme qui n'a souvent plus d'actualité 6 mois plus tard alors que le contexte mondial a changé.

Fort de cette légimité il annonce de manière unilatérale des décisions dont il a eu l'inspiration durant le déjeuner qui précède la conférence de presse comme la nomination des Présidents de l'audiovisuel public, comme le retour de la France dans le commandement intégré de l'Otan. D'autres fois il décide contre l'avis des experts qu'il a pourtant nommé comme le mode de scrutin inique proposé pour l'élection des conseillers territoriaux ou contre l'avis de sa majorité parlementaire comme sur les institutions, le bouclier fiscal ou la loi Hadopi.. mais ceux ci finissent par voter quand même faute de légitimité propre. Il décide de supprime le juge d'instruction afin de contrôler aussi le pouvoir judiciaire après avoir controlé le législatif et les médias. Rare sont les décisions qu'il prend qui étaient dans le programme.. que peu d'électeurs ont lu car ils savent que les candidats se sentent peu liés par ces programmes. Il décide seul, sans l'avis du peuple qui par paresse délègue tout pouvoir à ce monarque absolu élu.

Ce chef de l'exécutif élu au suffrage universel direct s'approprie la souveraineté du pays au détriment du peuple en violation de la constitution.

La légitimité disproportionnée confère à l'exécutif un pouvoir exhorbitant par rapport au Parlement. Le lien direct avec les électeurs est alors rompu. Les parlementaires ne consultent plus les citoyens dont ils ne peuvent pas se faire les portevoix au Parlement. Bon exemple de cette dérive, Claude Birraux tiendra ce vendredi une permanence à Saint Julien. La première permanence depuis 2 ans.. et à laquelle se rendront peut être 4 ou 5 des 30 000 habitants du canton. Voilà à quoi se limite l'écoute par le pouvoir de la population de Saint Julien.

Appliqué à la Suisse un tel mode d'élection conduirait à nier les minorités. Un tel mode de scrutin pousserait des partis dans des formes d'opposition qui conduirait à des initiatives incessantes, des blocages permanents... et de manière ultime inévitablement à un abandon de la démocratie directe.

Je pense au contraire que la France doit abandonner l'élection du Président de la République au suffrage universel direct pour retrouver un fonctionnement démocratique sain. Seul le peuple souverain peut avoir autant de pouvoirs entre les mains.

mardi, 11 août 2009

Fulvio Pelli candidat au Conseil Fédéral.. ou la fin du modèle politique Suisse

Rompant avec les traditions suisses, Fulvio Pelli, Président du Parti Radical Suisse est candidat au renouvellement parti du Conseil Fédéral du 16 septembre.

Dans les institutions suisses, la fonction de chef de parti et celle de Conseiller Fédéral sont des fonctions historiquement antinomiques. Dans la plupart des pays européens au contraire ce sont les chefs de parti qui accèdent aux responsabilités. Au Royaume Uni c'est même une condition requise : le Premier Ministre est le chef du parti majoritaire.

Dans tous les pays, le chef de parti est une personne partisane. Une grande gueule médiatique qui fait parler d'elle et de son parti. Un brin polémiste. Sa mission est d'accroitre l'influence de son parti en améliorant ses résultats électoraux au détriment des autres.

Le Conseiller fédéral, lui aussi représente son parti, mais il a une fonction diamétralement opposée : il doit oeuvrer au consensus avec les représentants des autres partis. Un grand Conseiller fédéral est un travailleur, qui écoute des avis divergents. Il est imaginatif et doit savoir resté humble. Il doit resté discret car personne ne peut s'arroger le mérite d'un résultat consensuel sous peine de détruire ce consensus.

Dans les institutions helvétiques, les qualités requises pour faire un grand chef de parti sont à peu près les qualités opposées de celles requises pour faire un grand Conseiller fédéral.

Dans l'histoire helvétique il était très rare que les Conseillers fédéraux soient désignés parmi les chefs de parti. Le mode d'élection par le Parlement où aucun parti n'est majoritaire et ne peut l'être seul, éliminait d'office les chefs de parti pour des profils plus consensuels.

Cela a changé en 2003 avec la candidature au Conseil fédéral de Christoph Blocher, leader de l'UDC. Pour rééquilibrer l'influence partisane au sein de l'exécutif, cette candidature a appelé celle de Doris Leutard. Puis sous une forme proche les nouvelles candidatures combinées de Christoph Blocher et Ueli Maurer.

En acceptant la candidature de Christoph Blocher, d'Ueli Maurer et de Doris Leutard, le Parlement Suisse a fait trois pas vers un Conseil fédéral partisan. En rejetant la nouvelle candidature de Blocher il a fait un pas en arrière.

Une élection de Fluvio Pelli (radical) au Conseil Fédéral appelerait nécessairement tôt ou tard une candidature de Christophe Darbellay puis d'un responsable alémanique du Parti Socialiste Suisse. Question d'équilibre partisan au sein du Conseil Fédéral.

Le mandat de Christoph Blocher a montré ce que pouvait être un Conseil Fédéral composé de chefs de partis : une moindre solidarité gouvernementale qui pourrait virer à la cacophonie en tant de crise, des fuites organisées à des fins politiques, des initiatives et des référendums à répétition qui conduisent au blocage ou au retard.

La loi de la majorité devrait alors mettre fin à une telle cacophonie (comme pour le renvoi de Christoph Blocher). Le Conseil Fédéral serait alors composé selon une majorité arbitrée par le PDC.

Le problème c'est que le système majoritaire et la démocratie directe sont incompatibles. Ils conduisent au blocage des institutions. C'est ce qui avait conduit à l'élaboration de la formule magique.

Pour sortir de ce blocage là, la Suisse devra alors soit trouver une nouvelle formule magique, soit appliquer la loi majoritaire à ses institutions et renoncer à la démocratie directe.

A moins que l'Assemblée fédérale ne hausse un peu le ton et rappelle que c'est à elle que les institutions helvétiques ont confié la responsabilité de composer le Conseil Fédéral... et pas aux partis. Elle choisira alors un candidat moins partisan que Fulvio Pelli.

mardi, 28 juillet 2009

Supprimer les élections perdues…

La simplification du millefeuille administratif commune-département-région-Etat-Europe est une évolution capitale pour éviter la faillite de l’Etat en France.

Pour compromettre cette simplification, le Chef de l’Etat a proposé que les Conseillers de la région et du département soient remplacés en 2014 par des conseillers territoriaux. Il propose un mode de scrutin mixte. Majoritaire dans les zones rurales où l’UMP est majoritaire et proportionnelle dans les zones urbaines où l’UMP est minoritaire. Un tel mode de scrutin permettrait à l’UMP d’avoir des majorités d’élus même en étant minoritaire dans le pays ! La France sortirait alors des principes généralement admis de ce qui constitue une république et une démocratie.

Une telle proposition avait été jugée inconstitutionnelle par la commission Balladur, pourtant nommée par le chef de l’Etat.

Comme si cela ne suffisait pas, le Chef de l’Etat a aussi proposé que ces élections soient faites à un seul tour. Effectivement, l’UMP faute d’alliés a perdu les seconds tours des cantonales de 2004 et 2008, des régionales de 2004, des sénatoriales de 2008, des municipales de 2008, des législatives de 2007. Puisque l’UMP perd presque tous les seconds tours… elle propose de les supprimer. L’UMP est plus astucieuse que les dirigeants Iraniens et Birmans.. elle supprime les seconds tours avant de les perdre.

Un tel mode de scrutin aurait conduit à la victoire de Mitterrand en 1974, à celle de Giscard en 1981 et à celle de Jospin en 1995. Il permettrait à un parti arrive en tête mais minoritaire de remporter des élections avec les voix de seulement 30% des votants. Le pays lui, deviendrait ingouvernable avec un peuple opposé à 70% à ses dirigeants.

Un tel mode de scrutin priverait de toute légitimité les institutions prétendument représentatives de la République, accroitrait le fossé entre les institutions locales et les habitants. Il conduirait tôt ou tard à une désobéissance civile généralisée. Les élus seraient un peu plus soumis au bon vouloir de partis sectaires omnipotents plutôt qu’au service des habitants dont les votes auraient une influence moindre.

Il est probable que les Parlementaires aux ordres de la majorité, dont les revenus, les prébendes et le statut social dépendent du bon vouloir de l’UMP, votent aveuglement une proposition aussi dangereuse pour la République. Il est possible que le Conseil Constitutionnel rejette une telle proposition.

Dans tous les cas, ce projet prouve une fois de plus la dérive perverse d’un parti devenu sectaire et anti républicain. Quelques soient les convictions des uns et des autres, les Républicains de toutes convictions doivent s’unir pour préserver le pays de ces dérives dictatoriales qui mettent le pays au service d’une caste et de ses pourvoyeurs de fonds.

Le mode de scrutin ne doit pas servir des intérêts partisans mais dorénavant être inscrit dans la constitution pour garantir la représentativité des institutions.

La simplification des mille feuilles administratives est une simplification bien trop importante pour le pays pour y mêler des intérêts partisans à court terme si néfastes.

lundi, 18 mai 2009

Détournement de fonds publics au profit de l'UMP

La première fois que j'ai vu le clip ci-dessus j'ai pensé que l'UMP avait pris de l'avance et avait déjà réalisé sont clip de campagne. Ce n'est qu'après l'avoir vu plusieurs fois que j'ai réalisé qu'il ne s'agissait pas d'un clip de campagne mais d'un clip institutionnel destiné à inciter les électeurs à participer.

Ce clip utilise les codes couleurs et les codes graphiques de l'UMP : le bleu, le traitement de l'image, le rythme accéléré. Un peu comme ce blog reprend la couleur orange du Mouvement Démocrate – sauf que ce blog n’est pas payé avec l’argent du contribuable contrairement au clip ci-dessus.

Le clip se termine par les thèmes principaux de la campagne de l'UMP : G20 et présidence française de l'Union - deux sujets assez dérisoires dans l'histoire de la construction européenne qui est mise en image, mais important pour l’UMP à l’ouverture d’une campagne électorale. Il se termine aussi par des images du Chef de l'Etat qui est aussi de fait, le directeur de campagne de l'UMP. C'est lui qui a choisi individuellement chacun des candidats éligibles.

Dans une confusion des genres totale, le Chef de l’Etat a tenu à Nîmes une réunion dites Républicaine à laquelle avaient été conviée des cars entiers de militants UMP pour lancer la campagne. Cette réunion, financée par l’Etat, était un vrai meeting de campagne. Le Parti Communiste a avec beaucoup de justesse demandé que les frais de cette réunion soient intégrés aux comptes de campagne de l’UMP.

Il y a trois mois un ami a reçu une invitation à diner du Président du Sénat qu’il ne connaissait pas. Le diner avait lieu le 19 mars dans les salons du Palais de Médicis en présence de Gérard Larcher. Il était surpris par cette invitation personnelle d’un Président du Sénat qu’il ne connaît pas. Il a constaté que l’invitation avait été adressée à des personnes disposant d’un patrimoine important et que l’objet était une levée de fond pour financer la campagne de Michel Barnier.

L’UMP est déjà largement subventionnée par l’Etat : 1) subventions publiques exorbitantes accordées annuellement à l’UMP (33 millions d’euros contre moins de 4 millions pour le Modem) et 2) auxquels s’ajoutent 9,2 millions de subventions pour le financement des élections européennes. Avec autant de millions d’euros de subventions publiques, pourquoi donc l’UMP a besoin en plus de détourner des moyens publics d’Etat pour financer sa campagne ? L’amour du fric de Sarkozy n’a-t-elle donc aucune limite ?

Voila comment est détourné l'argent public collecté auprès des trois quart de français qui ne comptent pas voter pour l'UMP au seul bénéfice des intérêts partisans de l'UMP. On a déjà vu il y a quelques jours comment ce parti a modifié la loi électorale pour s’attribuer 6 sièges en plus sans aucun électeurs supplémentaires. Jean Pierre Raffarin a même proposé la semaine dernière, très sérieusement, que l’élection présidentielle se fasse en un seul tour !

Ce clip de campagne ne doit pas non seulement être supprimé. Son coût doit aussi être pris en charge par la campagne de l'UMP.

Le code électoral interdit l'utilisation de fonds publics pour venter les réalisations d'un exécutif. Dans le cas d'élections municipales, une telle dérive conduit à l'inéligibilité des contrevenants.

La République que je défends est une République qui intègre tous les citoyens. C’est une République dans laquelle l’argent public est mis au service de l’intérêt général et pas de l’intérêt partisan.

dimanche, 17 mai 2009

Abolition des jury populaires : combien se sont trompés ?

La démocratie directe a de très nombreuses vertues.

Elle responsabilise les électeurs qui à la longue finissent par comprendre qu'ils devront assumer les conséquences de leur choix. A l'opposé des référendum français tendent à déresponsabiliser les électeurs. L'adoption du Traité de Lisbonne malgré le rejet du traité constitutionnel européen donnent raison aux électeurs français irresponsables qui avaient rejeté un texte qu'il soutenait simplement pour faire échec à Chirac !

Elle contraint les élus à rester perpétuellement à l'écoute des citoyens. En France, le peuple souverain délégue tout pouvoir à un seul homme pendant 5 ans. 5 années qui laisse la porte ouverte à tous les excès.

Mais le vote du jury populaire de ce week end interroge sur les limites de la démocratie directe. Les personnes que je connaissais ont répondu à la question posée :

Acceptez-vous la loi constitutionnelle modifiant la constitution de la République et du canton de Genève du 23 janvier 2009 (adaptation au code de procédure pénale) ?

A vrai dire qui voudrait que le code de procédure pénale genevois soit inadapté au code de procédure pénale suisse ? Plusieurs électeurs n'avait pas conscience qu'un vote OUI entrainait la disparition du jury populaire. A vrai dire même le militant de l'UDC qui a envoyé la position de l'UDC pour la brochure s'est trompé et a écrit OUI au lieu du NON voté par l'UDC.

La lecture du premier paragraphe de l'explication du texte proposé rappel les précédentes votations fédérales et les scores obtenus 86,36% des voix au niveau fédéral, unanimité des cantons et 92,26% à Genève. Bref, le lecteur qui n'a pas le temps de lire le texte complet de la brochure croit tout de suite qu'il est en présence d'un sujet qui fait l'unanimité. Un sujet technique dont les enjeux politiques semble dérisoires.

Cette confiance est renforcée à la lecture de la recommandation du Grand Conseil qui appelle à voter OUI. Pourtant les positions des députés ont évolué depuis ce vote.

A priori le résultat semble sans appel : deux tiers favorables au texte qui supprime le jury populaire et un tiers opposé. Pourtant il suffit qu'une personne sur 7 se soit trompée pour que le score fut inversé.

Y aura t il une initiative qui rétablit le jury populaire ? Comment s'assurer que la question posée énonce clairement l'enjeu politique et ne la cache pas derrière desconsidérations techniques ?

jeudi, 14 mai 2009

Quand des députés UMP votent une loi qu'ils ne comprennent pas

NB : Sur les députés UMP interrogés dans cette vidéo, Henri Plagnol qui démontre son ignorance a voté POUR la loi, Jean-Pierre Grand qui ne parle que le Français s’est abstenu, Guénhaël Huet qui ne peut pas expliquer a voté POUR, Charles de la Verpilliere (député de l’Ain) qui doit demander à ses fils a voté POUR.

Il y a quelques semaines, une note sur ce blog décrivait l’absence de diversité des élus dans les institutions françaises. Une analyse des prénoms des députés, sénateurs et maires montrent à quel point ils ont les mêmes origines culturelles, les mêmes milieux sociaux, le même sexe et la même génération.


Cela pose de très nombreux problèmes pour les politiques publiques. Ils négligent par exemple le problème de l’accueil de la petite enfance qu’ils ne côtoient pas. Ils méprisent les déficits publics excessifs qui conduisent à des dettes faramineuses que les générations futures devront rembourser toute leur vie au détriment de la qualité du service public ou de leur pouvoir d’achat. Sur les questions des retraites, ils privilégient honteusement les intérêts de leur génération au détriment des générations futures contraintes de cotiser
à un système qui ne leur garantie pas de retraite.

Cette semaine, faute de diversité, ils ont voté une loi qu’ils ne comprennent pas. La loi Hadopi qui sanctionne le téléchargement illégale de fichiers par une coupure de la ligne internet décidée par une autorité administrative… avec l’obligation pour la personne sanctionnée de continuer à payer les factures d’un service qu’il ne reçoit pas.

Les députés et sénateurs essentiellement des hommes, blancs de 60 ans ne comprennent pas grand-chose à internet. Ils ignorent que cette loi va sanctionner des parents pour les fautes de leurs enfants. Ou des colocataires collectivement. C’est le premier exemple depuis la deuxième guerre mondiale de sanction collective dans notre pays. Sanction qui ne sera pas prononcée par la justice mais par une administration.

Les députés ne savent pas que le téléchargement n’est qu’une petite partie de l’iceberg : le Peer to Peer. En Peer to Peer (ou P2P) les internautes s’échangent entre eux des fichiers au moyen de logiciels ad hoc. Ils peuvent aussi être consultés en « streaming » c'est-à-dire que le fichier n’est pas récupéré sur un ordinateur X mais consulte en ligne directement. La technique ne permet pas d’identifier les téléchargements en peer to peer ni le streaming. La loi va manquer son but. Elle va laisser les majors dans l’illusion qu’elles peuvent continuer à facturer hors de prix des CD et de DVD alors que la technologie pourrait leur permettre de rendre la culture abordable a des prix pour tous.

La vidéo ci-dessous montre l’ignorance des députés sur ce que sont ces technologies de telechargements. Cette video montre qu’une bonne partie des députés UMP qui ont vote POUR le projet de loi HADOPI propose par le Gouvernement n’ont agit que sur ordre sans rien connaître sur le sujet sur lequel il devait légiférer. Dans l’ignorance, ils auraient du s’abstenir. Ils ont vote POUR, pour suivre la consigne partisane et assurer le soutien de leur parti à leur future investiture et garantir leurs indemnités et leur statut social. Le Parti pour faire plaisir à leur Président et le Président pour faire plaisir à sa femme d’artiste. Elena Ceausescu elle aussi, avait le pouvoir de faire voter des lois à des députés aux ordres. En Roumanie aussi à l’époque de la dictature il y avait un semblant de Parlement.

Les cumulards prétendent que le cumul des mandats permet d’être en contact direct avec la réalité du pays. Un Maire n’est pas le mieux placé pour comprendre cela. Un député doit être sur le terrain à l’écoute des habitants pas dans un bureau de Maire.

Nous avons besoin d’une plus grande diversité sociale des élus. Nous avons besoin d’élus qui votent en conscience. Nous avons besoin de députés qui assument leurs responsabilités plutôt que des les cumuler dans l’absentéisme.

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